La chute des prix du pétrole, la flambée des Bourses et le recul des taux d'emprunt témoignent d'un optimisme palpable sur les marchés financiers. Vendredi, l'annonce par Téhéran de l'ouverture totale du détroit d'Ormuz pour les navires commerciaux a suscité un élan positif.
Ce passage stratégique, vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures et par lequel transite généralement 20 % du pétrole et du gaz consommés, avait été partiellement restreint par l'Iran depuis le début des tensions dans la région. Selon un ministre iranien, le détroit est désormais "entièrement ouvert" durant la trêve instaurée au Moyen-Orient.
"C'est une annonce très attendue et encourageante", commente Kathleen Brooks, analyste chez XTB, mettant en avant l'importance de la bonne nouvelle dans le contexte actuel. Cette décision a entraîné une chute significative des prix du pétrole : le baril de Brent a chuté de 10,13 % à 89,32 dollars, tandis que le WTI a perdu 11,73 %, se chiffrant à 83,58 dollars.
Les indices européens ont ainsi affiché des gains notables : Paris a progressé de 1,97 %, Francfort de 2,27 % et Milan de 1,75 %. À New York, les tendances étaient similaires, avec le Dow Jones en hausse de 2,00 % et le S&P 500 de 1,27 %.
Quant aux taux d'intérêt des États, ils ont régulièrement diminué. Le rendement du "Bund" allemand est tombé sous les 3,00 %, à 2,95 %, et le taux français a chuté à 3,58 %. Les taux américains ont également enregistré un recul, atteignant 4,23 %.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé via X que "le passage de tous les navires commerciaux est déclaré entièrement ouvert dans le cadre du cessez-le-feu respecteux". Toutefois, il n'a pas précisé s'il faisait référence à la trêve entre Israël et le Hezbollah ou au cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, qui devrait se conclure le 22 avril.
Cette annonce est considérée comme un "coup de pouce massif" pour les marchés, apportant un relatif apaisement des tensions, selon Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets. Le détroit d'Ormuz a longtemps été au cœur des préoccupations des investisseurs, en raison des pressions qui avaient récemment fait grimper les prix du brut.
Du côté du dollar, il s’agit de la principale victime de cette évolution, ayant perdu 0,21 % face à l’euro, s’établissant à 1,1806 dollar pour un euro.
Alors que le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington est entré en vigueur le 8 avril, les marchés, déjà impatients d'un retour à la stabilisation, avaient rapidement réagi. "L'Iran a confirmé que le détroit était de nouveau prêt à fonctionner normalement. Merci!", a réagi le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, insistant toutefois sur le maintien du blocus américain sur les ports iraniens.
Malgré cet optimisme, un certain flou demeure. Vincent Juvyns, responsable des stratégies d'investissement chez ING, souligne que "la situation reste confuse, et il serait peut-être tôt pour crier victoire. Néanmoins, pour l’heure, les marchés ne perçoivent que le positif".







