La direction de La Poste du Rhône a récemment décidé d'interrompre la distribution du courrier dans plusieurs rues de Vénissieux, une ville au climat de violence inquiétant. Deux fusillades survenues en moins d'une journée ont conduit à cette mesure. Les conditions de travail sont devenues insoutenables pour les facteurs, qui se voient contraints d'évaluer les risques liés à leur mission quotidienne.
Dans ce quartier, les traces de la violence sont omniprésentes : des prix des stupéfiants affichés sur les murs et des impacts de balles sur les fenêtres témoignent d'une réalité préoccupante. La semaine dernière, une fusillade a été filmée, montrant des hommes armés tirant en pleine journée. Ce climat insupportable a poussé La Poste à cette décision radicale. Les facteurs ne desservent plus ce secteur et obligent ainsi les habitants à se déplacer pour récupérer leur courrier dans un bureau de poste voisin.
Un résident, qui préfère garder l'anonymat, a exprimé sa frustration : "Le facteur, je le comprends, il n'a pas envie de recevoir une balle dans la tête. Mais ça fait 10 ans qu'on alerte…" Les mots de ce citoyen résonnent fortement dans un contexte où la sécurité est devenue une préoccupation majeure. De son côté, Boumedienne Chergui, responsable syndical UNSA Postes Rhône, ajoute : "Ils sont soulagés, mais cette situation reste temporaire et l'inquiétude persiste.".
Les professionnels de santé face aux dangers
Cet environnement violent ne touche pas seulement les services postaux. Les professionnels de santé, comme en témoigne Pascal Dureau, médecin généraliste à Vénissieux, font également face à des conditions difficiles. Dureau souligne qu'il continue ses visites à domicile mais se retrouve souvent sous surveillance des guetteurs : "Il faut montrer patte blanche, vérifier son matériel, et parfois même appeler des proches pour qu’ils viennent vous chercher." Cette pression constante dissuade bon nombre de médecins de s'aventurer dans certains bâtiments de la ville.
Les conséquences de la violence à Vénissieux ne sont pas isolées. D'autres villes, comme Saint-Ouen, ont vu des écoles se déplacer, et récemment, un site d'Orange a été délocalisé à Marseille après un incident similaire. Ces cas illustrent un phénomène inquiétant : la désertification des services publics face à un climat de terreur qui se propage.







