Sa vie aurait pu prendre un tournant conventionnel, mais une idée l'a propulsé vers de nouveaux horizons. Rencontre avec Claude Servouze, centenaire et fondateur du restaurant La Plage à Saint-Martin-la-Rivière.
En pleine forme, Claude Servouze, centenaire créateur du restaurant La Plage à Saint-Martin-la-Rivière (1), vient de fêter ses 100 ans. Alors qu'il se remémore des souvenirs depuis sa chambre à l'EHPAD des Châtaigniers de Chauvigny, ses histoires prennent vie.
Claude a de nombreux souvenirs ancrés en lui. Né le 21 mars 1926 à Leignes-sur-Fontaine, il était le fils d’Alphonse et Clémence Servouze, et a principalement exercé comme agriculteur. « J’ai travaillé chez mes parents jusqu’à 26 ans. J’aurais aimé essayer autre chose, mais mes parents s’y opposaient, » confie-t-il.
Une fois marié le 11 décembre 1952 à Laurence, une agricultrice, Claude quitte finalement la ferme familiale. « Nous avons rejoint l'Indre-et-Loire, au château de Boisbonard, pour travailler comme agriculteurs. Après un an, nous avons compris que ce n'était pas notre voie, » se souvient-il.
« De retour à Leignes-sur-Fontaine, nous avons pu loger dans une maison d’une cousine. Nous avons repris le travail dans diverses fermes pendant près de deux ans avant d'être engagés chez le député Adrien André (2) à Béthines, ma femme comme cuisinière et moi comme chauffeur. C’est alors qu’une idée a émergé en moi, celle de changer de cap. »
Son « bébé » jouit toujours d’une solide réputation
Cette idée a pris forme vers 1955, lorsque Claude s'est lancé à Saint-Martin-la-Rivière en fondant un commerce qui perdure aujourd'hui. « Grâce à ma cousine Eugénie Voumard, nous avons acheté une petite maison au lieu-dit 'la Plage' en bord de Vienne, et avons ouvert un café avec une simple licence de limonadier. Nous avons ensuite acquis les terrains environnants pour mettre en place un coin de pêche. Avec le temps, nous avons été agréés pour une licence 6, ce qui nous a permis de développer un restaurant. »
Ils ont recruté une excellente cuisinière, Mme Largeau, qui a grandement contribué à la renommée de leur établissement, accueillant des clients de toute la région. « Après 37 ans, nous avons vendu le restaurant à un Parisien, qui l’a rapidement revendu à Éric Roy, l’actuel propriétaire, » conclut Claude, satisfait de voir que son « bébé » conserve une réputation solide.
(2) Adrien André, ancien maire de Béthines, sénateur de la Vienne en 1936, député de la Vienne de 1951 à 1958.
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