REPORTAGE. Le mercredi 1er juillet, la Fraternité Saint Pie X a organisé une cérémonie de consécration de quatre évêques à Écône, en Suisse, sans recevoir le mandat du pape. Cet événement, véritable point d'orgue de plus de cinq heures de liturgie, a attiré des milliers de fidèles en provenance du monde entier, exacerbant les tensions déjà présentes avec le Vatican.
Dans un cadre majestueux dominé par les Alpes, le séminaire d'Écône, théâtre de fractures ecclésiastiques historiques, a de nouveau vibré au rythme d’une célébration controversée. C’est ici qu’en 1988, Mgr Marcel Lefebvre avait procédé à la consécration de plusieurs évêques, défiant ainsi l’autorité romaine. Trente-huit ans plus tard, l’histoire se répète : quatre nouveaux évêques ont été sacrés sans aval papal.
Pour la Fraternité, ce geste est présenté comme un acte de foi. Elle affirme ne pas choisir entre Rome et une doctrine qu’elle considère comme essentielle. Le Vatican, de son côté, qualifie cette démarche de désobéissance grave, la qualifiant d'« acte schismatique » selon les termes du pape Léon XIV. Ce paradoxe a coloré toute la journée, marquée par des opinions divergentes parmi les fidèles présents, qui y ont vu un devoir envers leur église.
Une Église dans la tempête
La célébration, empreinte de solennité, a été marquée par des rituels traditionnels, tels que des processus interminables, de l’encens et des chants grégoriens. Les quatre évêques consacrés—le Suisse Pascal Schreiber, l’Américain Michael Goldade, ainsi que les Français Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier—continuent de superviser les territoires et séminaires qui leur sont confiés.
Une chorale américaine a accompagné cette litanie par le Sanctae Pie, tandis que les 16 500 fidèles attentifs assistaient à chaque geste avec une sérénité impressionnante. Cependant, la tempête et la pluie torrentielle survenue durant la messe a semé le trouble, provoquant des retards dans la communion. Certains y voient un signe de colère divine, tandis que d’autres évoquent une « pluie de grâces », tentant de rationaliser ce phénomène atmosphérique coincé entre foi et réalité.
Ce sanctuaire historique, malgré un décor immuable, se retrouve dans un contexte de tensions croissantes qui interpellent non seulement ses adeptes mais l’ensemble de l’Église catholique. Cette situation soulève des interrogations sur l’avenir de la Fraternité et son rapport aux autorités vaticanes.







