Le professeur d'histoire médiévale, Julien Théry, a été suspendu pour un an et demi sans salaire par l'université Lyon 2, en raison de propos antisémites jugés « indignes » et préjudiciables à la réputation de l'établissement. Cette sanction, confirmée par le rectorat, fait suite à une publication sur Facebook où il a qualifié certaines personnalités de « génocidaires à boycotter », incluant des figures majoritairement juives.
La décision a été prise après une enquête préliminaire signalée au parquet, suite à une dénonciation de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) qui a révélé un message controversé partagé par Théry le 20 septembre. Lors de cette publication, il a cité vingt noms, dont ceux de célébrités comme Arthur et Charlotte Gainsbourg, qui avaient récemment écrit une lettre ouverte à Emmanuel Macron concernant la reconnaissance de l'État palestinien.
Une réaction virulente face à une publication choquante
Ce texte dénonçant l'universalisme du professeur a suscité de vives critiques, même de la part du ministre de l'Éducation nationale, qui a qualifié ses propos de « profondément scandaleux ». D'autres personnalités politiques, dont Laurent Wauquiez, ont exprimé leur indignation en dénonçant une « dérive islamo-gauchiste » de l'université, entraînant la suspension de subventions par la région Auvergne-Rhône-Alpes.
La suspension conservatoire de Théry avait été prononcée en décembre, mais l'affaire s'est intensifiée lorsque des montages antisémites partagés sur son compte Facebook ont été ressortis. Selon des experts en sociologie politique, cet incident met en lumière la montée de tensions autour de la liberté d'expression et les dangers du discours de haine dans les milieux académiques. Comme l'analyse l'universitaire Pierre Dardot, « l'institution doit se protéger tout en préservant un espace de discussion libre ».
La publication polémique, associée à d'autres incidents récents de violence verbale sur les réseaux sociaux, incite à reconsidérer la ligne entre opinion personnelle et responsabilité publique. Les débats sur cette question deviennent de plus en plus cruciaux dans un contexte sociopolitique tendu en France.







