Avec les récents épisodes de chaleur, les agriculteurs d'Indre-et-Loire doivent commencer leurs moissons en avance, environ deux semaines avant la période habituelle. Bien que cette situation ait été anticipée, elle risque de compromettre les rendements des exploitations.
Si vous traversez la Touraine, vous aurez remarqué une présence inhabituelle de moissonneuses. Effectivement, les moissons débutent plus tôt cette année, avec entre 5 et 10 jours d'avance pour l'orge et le colza, et jusqu'à une quinzaine de jours pour le blé. Cette précocité est inédite et résulte d'un climat clément observé ces derniers mois, souligne Cédric Raguin, agriculteur céréalier et président de la FNSEA 37. Il précise : « Le mois d'avril a été particulièrement chaud, et les températures élevées de mai ont accentué ce phénomène ».
Cette avance dans le calendrier représente un défi pour les agriculteurs. Pour Raguin, bien que ce ne soit pas une situation catastrophique, il s'inquiète davantage de la baisse des rendements causée par la chaleur. Il explique : « Lorsque les températures sont élevées ou en condition de sécheresse, les céréales ont des difficultés à absorber l'eau, ce qui affecte leur remplissage. Moins de remplissage signifie une réduction de rendement et, par conséquent, une diminution des revenus pour les agriculteurs, déjà dans une situation difficile ». D'après ses estimations, en cas de moisson anticipée, les orges pourraient perdre jusqu'à 2 tonnes de rendement par hectare, tandis que le colza pourrait subir des baisses de 10 à 30 %, selon les parcelles.
Les élevages, autres victimes des fortes chaleurs
Les fortes températures impactent également les élevages. Les animaux, surtout ceux gardés en intérieur, souffrent des chaleurs excessives. En plus de son activité céréalière, Cédric Raguin élève également des porcs de Touraine destinés à la production de rillettes. Pour protéger ses animaux des températures élevées, il a mis en place divers aménagements : « Nous avons installé des brumisateurs, et la ventilation est augmentée afin d'évacuer la chaleur. Nous sommes également obligés de rafraîchir le toit des installations avec de l'eau », explique-t-il. De plus, il prévoit d'augmenter l'approvisionnement en eau de ses animaux : une truie allaitante peut nécessiter jusqu'à 60 litres d'eau par jour lorsqu'il fait chaud.
Ce climat changeant soulève des préoccupations parmi les agriculteurs et éleveurs. Il représente un véritable défi économique, exigeant une adaptation constante pour préserver leur production et leurs revenus. Les experts s'accordent à dire qu'il est crucial de mettre en place des stratégies pour faire face aux effets du dérèglement climatique.







