Le tribunal administratif de Lyon a confirmé un arrêté de la préfète de l'Ardèche, datant de mars 2024, qui suspend les travaux de construction d'une église et de bâtiments annexes à Saint-Pierre-de-Colombier. La famille missionnaire de Notre-Dame, architecte de ce projet ambitieux, devra désormais demander une dérogation pour contrer l’interdiction liée à la protection d'espèces menacées.
Après avoir validé en appel le permis de construire, la justice a désormais opposé un stop fermement ancré au chantier. La congrégation catholique prévoit d’ériger un parking pour bus, une église de 3500 places dotée de clochers de cinquante mètres, ainsi que divers bâtiments d'accueil et de restauration pour les pèlerins. Bien que le parking ait déjà été construit et que les travaux de terrassement aient débuté, ils ont été interrompus à plusieurs reprises. En mars 2024, la préfète a donc pris la décision de suspendre le chantier, une décision corroborée par le tribunal administratif.
Une espèce protégée au cœur de la bataille juridique
Un élément central de cette affaire est le réséda de Jacquin, une plante protégée profondément implantée dans les Cévennes ardéchoises et que l’on trouve précisément sur le terrain du futur complexe. Pour relancer les travaux, la famille missionnaire doit ainsi obtenir une dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Bien que des mesures de protection aient été proposées par la congrégation, le tribunal a jugé celles-ci insuffisantes, exacerbant un conflit qui dérange la tranquillité des habitants.
Un contexte très tendu
La demande de permis de construire remonte à 2018, et a obtenu l’aval de la mairie la même année. Toutefois, depuis 2019, un groupe d'habitants de la vallée de la Bourges a fait entendre son mécontentement concernant le projet, entraînant plusieurs manifestations, voire des actes de désobéissance civile, tels que l’enchaînement de citoyens aux engins de chantier lors d’une tentative de reprise des travaux en octobre 2023. Cette ambiance de tension entre les partisans et les opposants au projet témoigne d'un combat allant bien au-delà des simples enjeux architecturaux.
Les réactions des experts sont partagées ; certains soulignent l'importance de la préservation de la biodiversité, tandis que d'autres mettent en avant la nécessité d'un lieux de recueillement pour la communauté. La complexité de ce dossier démontre que l'avenir du projet dépendra non seulement de la résolution des problèmes juridiques, mais aussi de la capacité à trouver un consensus entre les différentes parties prenantes.







