Dans une décision marquante, un ancien recruteur du djihad, Mourad Farès, a été officiellement déchu de sa nationalité française, comme l'annonce un décret publié dans le Journal officiel ce jeudi. Âgé de 42 ans, Farès a été condamné en 2020 à 22 ans de réclusion criminelle à Paris pour son rôle dans le recrutement de combattants pour la Syrie, comme l’a rapporté Le Parisien. Ayant des racines marocaines, il possède une autre nationalité, bien que le décret n'en précise pas les détails.
Farès s'est retrouvé au cœur d'une série d'enquêtes sur des filières d'acheminement vers la Syrie, notamment celles entourant le départ de dix jeunes Strasbourgeois en décembre 2013, ainsi que le parcours d'un membre des commandos du 13-Novembre. De plus, son implicite dans l'affaire de Tyler Vilus, un djihadiste français affilié à l'État islamique, souligne l'ampleur de son engagement militant.
Jusqu'à 2013, Farès avait organisé des réunions à Paris, Strasbourg et Lyon pour inciter des jeunes à partir en Syrie. Son départ de France en juillet 2013 a été marqué par un voyage à travers l'Europe avec des complices, durant lequel il aurait reçu des virements bancaires. Selon le procureur, il aurait ensuite « participé à des actions armées » au sein du groupe État islamique.
Par la suite, il a rejoint la brigade d'Omar Diaby, un djihadiste français lié à l'ancienne branche d'Al Qaeda en Syrie, Front Al-Nosra. Il a été reconnu coupable de dirigeant le groupe en l'absence de Diaby, parti au Sénégal. Après une dispute sans lien avec de « lutte de pouvoir », il a quitté Al-Nosra, avant de se rendre en Syrie entre février et mars 2014. Il a ensuite été arrêté en Turquie avant d’être expulsé vers la France.







