Quitter un poste d’ingénieur chez Airbus pour travailler dans les champs, c’est le choix audacieux de Frédéric Berthelot, cofondateur des Ateliers Icare, une association toulousaine fondée dans le contexte de la pandémie. Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer comme ça
, confie-t-il, reflet d'une quête de sens de plus en plus présente dans les esprits des salariés d’aujourd’hui.
Ce projet, né d'une réflexion sur l’avenir post-COVID, aspire à allier travail, agriculture et écologie. Ainsi, ces ingénieurs peuvent consacrer près de 20% de leur temps de travail à des missions agricoles, principalement dans des fermes maraîchères locales. Selon l’association, l’objectif est de « réconcilier travail et écologie ».
Une initiative en pleine expansion
Lancés sous forme de collectif en 2020 et devenus association en 2022, les Ateliers Icare ont déjà permis à une cinquantaine de bénévoles de participer à une phase d’expérimentation. Plusieurs entreprises, conscientes du poids de la souffrance au travail, ont commencé à tester le dispositif avec des salariés volontaires. Nous observons que beaucoup de personnes ressentent une perte de sens dans leur quotidien professionnel,
explique Berthelot. Le besoin de retrouver un équilibre entre intellect et manualité est criant.
Le maraîchage se présente comme le secteur phare de cette expérimentation. C'est une activité accessible et peu exigeante en formation initiale mais très demandeuse en main-d'œuvre
, précise Berthelot. Pourtant, le véritable défi réside dans la capacité des entreprises à s’adapter à ce nouveau mode de travail.
Flexibilité et diversité des activités
La mise en œuvre est flexible : qu’il s’agisse d’une journée par semaine ou de périodes plus intensives selon les saisons, cela se construit en concertation. Les Ateliers Icare envisagent cette polyactivité comme une solution aux défis d’aujourd’hui : stress au travail, pénurie de main-d'œuvre agricole et génération de nouveaux recrutements.
Pour Frédéric Berthelot, l’idée dépasse la simple immersion en agriculture. Il ne s’agit pas de tout plaquer, mais peut-être qu’une journée par semaine serait suffisante pour retrouver du sens.
L’association envisage d'étendre son approche à d'autres secteurs et territoires, y compris les métropoles comme Paris et Lyon.







