Trois associations, accompagnées de six particuliers exposés aux PFAS, ont décidé de saisir la justice pour contraindre l'État à prendre des mesures face à la contamination liée à ces polluants. Connus pour leur caractère persistant, les PFAS menacent tant l'environnement que la santé humaine.
Les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous et Bloom, ainsi que six individus vivant dans des zones fortement touchées par la pollution aux PFAS, ont déposé une plainte au tribunal administratif de Paris. Leur objectif : forcer l'État à mettre un terme à cette pollution et à couvrir les coûts de dépollution et de santé engagés.
Interrogé par l'AFP, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, a exprimé les inquiétudes des requérants : "Nous faisons face à une double carence, au travers d'un manque d'action dans le passé et d'une insuffisance d'action dans le présent".
Les PFAS, utilisés massivement dans divers secteurs industriels, s'accumulent dans l'environnement, allant de l'air aux sols, en passant par les rivières et jusqu'à se retrouver dans le corps humain. Certaines études mettent en lumière leurs effets nocifs sur la santé.
Les plaignants, encore sous le choc de leur contamination, demandent que l'État soit tenu responsable, en réclamant 10.000 euros de dommages-intérêts. Les associations sollicitent également des mesures pour réduire les rejets de PFAS et entamer une véritable dépollution, notamment de l'eau potable.
Les alertes sur les risques associés aux PFAS ne datent pas d'hier, avec des rapports parlementaires évoquant ce sujet depuis 2008. La lenteur du gouvernement à répondre adéquatement, malgré plusieurs études, a provoqué la montée des inquiétudes au sein de la population.
L'historique de ce dossier montre un manque de réactivité. En effet, la loi sur les PFAS, votée à la suite d'une proposition du député écologiste Nicolas Thierry, semble avoir été adoptée tardivement. Le député a souligné que la responsabilité incombe également aux autorités qui, face aux alertes scientifiques, ont tardé à agir pour protéger la population.
Pourtant, la situation est préoccupante. Une étude du Haut commissariat au plan, publiée en octobre 2025, révèle que près de 24% des adolescents français seraient victimes de niveaux de PFAS dépassant les seuils recommandés par l’Agence européenne de sécurité alimentaire, un chiffre alarmant comparé aux 18% en Allemagne ou à seulement 1% en Espagne.
Les associations critiquent également le gouvernement pour son manque de diligence dans l'application de la loi sur les PFAS. Bien qu'un an se soit écoulé depuis sa promulgation, des mesures essentielles, comme une redevance pour les industriels pollueurs, n'ont toujours pas été instaurées, entraînant un retard dans la mise en œuvre des actions nécessaires pour protéger l'environnement.







