Une étude récente menée à Grenoble révèle que les produits cosmétiques et d'hygiène représentent des sources significatives d'exposition à des polluants nocifs. Publiée par l'Inserm, cette recherche met en lumière les effets d'une consommation réduite de ces produits sur la santé.
Entre 20% et 60% de présence en moins dans les urines en 5 jours
Lors d'un test impliquant une centaine d'étudiantes de 18 à 30 ans, les participantes ont été encouragées à réduire leur utilisation de cosmétiques pendant cinq jours, optant pour des alternatives dépourvues de substances toxiques telles que les parabènes et les phtalates. Les analyses d'urine réalisées avant et après cette période ont révélé des réductions impressionnantes des niveaux de certains polluants. "On observe des diminutions de l'ordre de 20 à 40 % pour les phtalates et les parabènes, et jusqu'à 60 % pour certains éthers de glycol," explique Claire Philippat, chercheuse à l'Inserm et à l'Université Grenoble Alpes. Ces résultats soulignent la rapidité avec laquelle ces substances peuvent pénétrer notre organisme.
Du bisphénol A là où, en principe, il n'y en a pas
Etonnamment, l'étude a également mis en évidence une détection de bisphénol A, un produit interdit dans les cosmétiques depuis 2005. "Bien qu'interdit dans les formules, il est toujours présent dans les emballages et peut contaminer le produit lors de la fabrication, sans que les industriels aient l'obligation de vérifier son absence," précise Philippat.
Démarche individuelle et règlementaire
Devant de tels résultats, il convient d'adopter une approche proactive en matière de consommation de cosmétiques. Les recommandations incluent l'utilisation de produits dépourvus de substances dangereuses et un évitement des emballages plastiques. Cependant, les participants au test relèvent les difficultés d'accès à des alternatives abordables et disponibles. "Bien que j'essaie de faire des choix éclairés, cela reste un défi en tant qu'étudiante," témoigne Theodora, participante au programme. Philippat insiste sur le fait que la protection de la santé publique nécessite des réglementations robustes concernant la présence de substances toxiques dans les cosmétiques. Cette déclaration fait écho à un débat en cours à Bruxelles sur un projet de loi visant à prolonger l'autorisation d'utilisation de substances CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) dans les cosmétiques, un développement jugé "inacceptable" par la scientifique, compte tenu des risques connus pour la santé.







