Le lit de la rivière Drac est considéré comme dangereusement imprécis, voire accessible sous conditions. Pour rappeler cette vérité avant l'été, la société EDF Hydro, en partenariat avec la préfecture de l'Isère, a orchestré le 23 avril un exercice au pont Lesdiguières à Pont-de-Claix, puis au barrage du Saut du Moine à Champagnier. Cette initiative vise à illustrer comment EDF ajuste le débit de la rivière, une variation qui peut être à la fois rapide et importante, alors même que les comportements risqués des usagers semblent être en hausse, selon la préfecture de l'Isère.
Un précédent oublié ?
Les participants à cet exercice ne peuvent oublier le souvenir tragique de la catastrophe du Drac en décembre 1995, qui a coûté la vie à sept personnes, dont six enfants. Depuis, EDF a renforcé ses systèmes de prévention, tandis que les pompiers de l'Isère ont amélioré leur capacité d'intervention en eaux vives. Cependant, la sensibilisation du public au risque semble avoir diminué le long du Drac, avec des pêcheurs et des baigneurs parfois négligents. Bien que le Drac et son affluent la Romanche aient été largement régulés par des aménagements hydroélectriques, ces rivières demeurent des cours d'eau de montagne, traversant des zones urbaines.
Un débit qui peut monter vite et fort
Les variations de débit créées par EDF sont ponctuées d'aléas météorologiques. Lors de l'exercice, des silhouettes de taille adulte étaient positionnées dans le lit du Drac. En une heure et demie, une seule silhouette était encore visible, les autres ayant été emportées par la montée des eaux. EDF doit maintenir un débit minimum de 10m³/s pour la préservation de l'écosystème, mais ce jeudi-là, le débit a atteint jusqu'à 160m³/s à son entrée dans la métropole grenobloise. Des études d'EDF Hydro révèlent qu'à un débit de 25m³/s et à 50 centimètres de hauteur d'eau, même un nageur aguerri aurait du mal à se maintenir debout. La directrice d'EDF Hydro Ecrins-Vercors, Morgane Hervé, souligne que le niveau de l'eau peut varier de quelques centimètres à plusieurs mètres selon les secteurs. Bien que les lâchers d'eau s'effectuent progressivement, le débit peut atteindre la commune de Fontaine, située à 13 kilomètres en aval, en seulement une heure.
Cette saison estivale, 15 hydro-guides assureront la vigilance le long du Drac, en collaboration avec la gendarmerie, afin de prévenir les dangers liés à la baignade, qui reste interdite par arrêté préfectoral.







