Les risques liés au terrorisme antiféministe sont souvent négligés, pourtant, ils représentent un réel danger pour notre société. Selon Tristan Boursier, chercheur associé au Cevipof, cet enjeu est de plus en plus étudié par les autorités, européennes en tête.
Une dynamique troublante
Alors que les groupes similaires à l'extrême droite et islamistes sont régulièrement surveillés, les mouvements masculinistes laissent souvent place à une vigilance insuffisante. La commission sénatoriale s'intéresse maintenant à ce phénomène, fondamentalement lié à une radicalisation grandissante.
Le Canada, touché depuis longtemps par ce fléau, offre un éclairage crucial. Le féminicide au sein de l'école Polytechnique de Montréal en 1989 et l'attentat de Toronto en 2018 soulignent que ces actes de violence sont souvent inspirés par des idéologies telles que le lookisme.
Une émergence passagère mais menaçante
Tristan Boursier souligne que le passage à l'acte de ces groupes est difficile à anticiper, car la menace touche un public varié avec une radicalisation imprévisible. Ce phénomène diabolique s'exacerbe notamment par la individualisation des idéologies, facilitée par Internet. Stephanie Lamy, chercheuse et autrice, évoque même un danger associé à la glorification du discours antiféministe.
Des parallèles aux idéologies extrêmes
Cette violence croissante n'est pas sans rappeler certaines idéologies de l'extrême droite. Stephanie Lamy conclut que malgré les distinctions entre les différents courants, le dénominateur commun reste une détestation tenace envers les féministes. Les mouvements comme les "incels" ou les "coachs en séduction" participent à la diffusion d'une culture de la suprématie masculine, teintée d'une misogynie explicite, comme l'illustre tristement le cas de Cédric Prizzon, rappelé récemment après son double féminicide.
Vers une prise de conscience essentielle
La situation exige de redoubler d'efforts en matière de prévention et d'éducation. Ignorer ce phénomène serait imprudent, engageant les autorités à établir des stratégies solides pour contrer cette idéologie. Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a clairement déclaré cette idéologie comme un menace à prendre au sérieux, soulignant l'importance d'une vigilance collective.







