Avec l'arrivée des beaux jours, les motards reprennent possession des routes en Drôme et Ardèche. Ce contexte propice a amené la Fédération française des motards en colère à organiser, dimanche 19 avril à Valence, une journée de "Reprise de guidon".
Ce week-end s'annonce crucial pour la déviation de Saint-Péray, avec un événement majeur : le glissement du pont-rail à son emplacement définitif. En effet, cette déviation se mettra en place sous le pont, tandis que les trains circuleront au-dessus. Ce "ripage" nécessite l'arrêt temporaire du trafic ferroviaire, un calendrier qui a été fixé de longue date avec la SNCF. Si cette opération ne s'effectue pas pendant le long week-end de l'Ascension, la Communauté de Communes Rhône Crussol devra attendre 2029 pour une nouvelle opportunité, un délai jugé intenable.
Rendre visible notre mobilisation
Les opposants à la déviation, notamment les collectifs Alterre et "les ami.e.s de la plaine", lancent des manifestations pour la même période. Des réunions publiques auront lieu dans plusieurs villes de la région : Chambéry, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne. Comme l'explique Camille, co-présidente d'Alterre, "depuis le début de nos actions, beaucoup de personnes se sont manifestées pour soutenir notre lutte contre divers projets d'artificialisation des sols. Ce tour d'information a pour but de faire connaître notre mobilisation et d'inciter les autres à se joindre à nous du 14 au 17 mai en Ardèche."
Le but de cette mobilisation est d'entraver au maximum le chantier du pont-rail. Camille précise toutefois que "nous allons nous concentrer sur une manifestation, mais aussi prévoir des moments festifs et un village d'associations pour débattre de ces questions importantes." Les opposants pointent également du doigt le maintien du calendrier de la Communauté de Communes Rhône Crussol, alors que deux recours sont en instance au tribunal administratif.
Vigilance mais pas d'inquiétude du côté de la communauté de communes
Christophe Chantre, récent président de la communauté de communes, exprime sa préoccupation pour ce week-end critique : "Je vais être attentif à l'évolution du chantier. Le débat démocratique a eu lieu, et nous ne remonterons pas ce sujet chaque fois que cela ne convient pas à certains." Il souligne que des élections municipales récentes ont réaffirmé le soutien à la déviation, malgré l'apparition d'une liste d'opposition qui a été battue.
Depuis l'évacuation des opposants en septembre dernier, une société de sécurité veille sur le chantier, et les forces de l'ordre suivent de près la situation. Bien que la mobilisation ait été modeste avec des rassemblements de quelques dizaines de personnes, les autorités sont prêtes à adapter leur dispositif en conséquence. Les derniers rassemblements ont rassemblé à peine une dizaine de manifestants, mettant en lumière l'ampleur actuelle de l'opposition.







