Une idée reçue persiste : le statut de cadre influerait sur la retraite complémentaire. En réalité, cette perception est trompeuse. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé l'Agirc-Arrco. Depuis la fusion des régimes en juillet 2019, la distinction entre cadres et non-cadres a été abolue en matière de retraite complémentaire. Auparavant, seuls les cadres cotisaient à l’Agirc au-delà d’un plafond de la Sécurité Sociale (PASS) ; aujourd’hui, cette catégorisation n'est plus pertinente.
Seul le salaire compte pour la retraite
Didier Pensec, responsable de l’Unité Relations Clients à l’Agirc-Arrco, précise que "la clé de la future retraite complémentaire réside dans le salaire, et non dans le statut". Les cotisations, jusqu'à un PASS de 41 136€ en 2021, sont de 6,20 % du salaire brut. Pour la portion excédant ce montant, le taux s'élève à 17 %. Par exemple, sur un salaire brut de 60 000€, 6,20 % s'applique jusqu'à 41 136€, tandis que 17 % s'applique sur les 18 864€ restants. En somme, un non-cadre à 60 000€ aura probablement une meilleure retraite qu'un cadre à 30 000€.
À noter que les pourcentages de 6,20 % et de 17 % correspondent aux cotisations générant des droits. En réalité, les cotisations complètes sont plus élevées afin de maintenir l'équilibre financier du régime.
Le statut cadre a encore un poids dans certaines entreprises
Historiquement, certaines entreprises avaient opté pour des conventions collectives établissant des cotisations différenciées, par exemple 8 % pour les cadres au lieu de 6,20 % pour les non-cadres. Bien que cette pratique ne soit plus autorisée, des dispositions antérieures persistent encore dans certaines entreprises. De plus, alors que la répartition classique des cotisations s'élève à 60 % pour l'employeur et 40 % pour le salarié, certains contrats prévoient des proportions différentes, comme 75 % pour l'employeur. Cependant, ces cas demeurent relativement rares.







