Dans un contexte de débats houleux concernant la santé publique à Marseille, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a récemment exprimé son soutien à l’idée d’expérimenter une halte soins addictions (HSA), communément appelée salle de shoot. Lors de sa visite dans les Bouches-du-Rhône, elle a en effet souligné l’importance d’une telle initiative, à condition d’obtenir un consensus parmi les élus locaux sur son emplacement, de préférence à proximité d’un établissement de santé.
La ministre a évoqué que « la HSA est une question vraiment importante à Marseille ». Ce projet fait toutefois l'objet de divergences d’opinions. Si certaines associations et collectifs de riverains soutiennent son établissement, des habitants des quartiers concernés s’y opposent farouchement, refusant qu'une salle de shoot soit implantée à proximité de chez eux.
Les points de vue des élus
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a manifesté son soutien au projet sans cependant en avoir fait une priorité durant son mandat. À l'heure où un bus mobile d'accueil pour les usagers est en circulation, l’ex-préfet Georges-François Leclerc avait parallèlement affiché son désaccord. En revanche, le nouveau préfet, Jacques Witkowski, semble plus ouvert à cette initiative, exprimant son intérêt pour une expérimentation si un site consensuel était trouvé. Il a insisté sur la nécessité d’un accord général parmi les parties prenantes.
Un modèle européen à suivre
Les HSA, lancées il y a quarante ans durant l’épidémie de sida, sont aujourd'hui matérialisées par environ une centaine de structures en Europe, mais seulement deux en France : Paris et Strasbourg. L’expérimentation de ces salles, initialement prévue pour se clore fin décembre, a récemment été prolongée.
« Il y a deux HSA en France, à Paris et dans le Grand-Est. Leur mise en place a permis une amélioration notable en matière de santé publique », a précisé Stéphanie Rist, en insistant sur la baisse des overdoses et la réduction des seringues abandonnées dans les rues. Néanmoins, elle n’a pas fourni de données concrètes concernant l'impact sur l’ordre public.
Rist a également souligné que des retours d'expérience positifs pourraient rassurer les citoyens, souvent réticents à l'idée d'une HSA, en craignant pour la sécurité de leur quartier. « Nous devons prouver que ces dispositifs apportent des bénéfices tangibles », a-t-elle conclu.







