Ce lundi matin, Bandol a marqué un tournant dans la transition écologique avec l'inauguration d'une navette à propulsion entièrement électrique. Bien qu'il ne s'agisse que d'un pas parmi tant d'autres dans la décarbonation, ce bateau de 11 mètres incarne l'avenir vers lequel la navigation doit se diriger. Prévue pour entrer en service le 1er mai, cette navette affiche une autonomie de cinq heures et un impact environnemental réduit.
Doté de deux moteurs à propulsion électrique, le navire a quitté le port dans un silence incroyable. Patricia Ricard, marraine d'Amista et administratrice de la société Paul Ricard, a souligné : "On parle beaucoup de pollution sonore, et ce bateau est un exemple vertueux. Il permet aussi d'économiser 15 000 litres de carburant et d'éviter 50 tonnes de carbone".
La société Paul Ricard n'a pas souhaité révéler le coût exact de la navette, se contentant de mentionner qu'avec "la philanthropie et le partenariat public-privé, il est possible de réaliser de nombreux projets". Selon certaines estimations, le montant du bateau se situerait entre trois et cinq millions d'euros. Toutefois, Amista ne transportera pas de passagers du grand public, mais plutôt les clients du nouvel hôtel de Bendor.
Un modèle duplicable ?
Philippe Tabarot a déclaré à l’issue de l’inauguration : "C'est symbolique mais cela reste un symbole fort. Nous avons un endroit magnifique, et il est essentiel de trouver un équilibre sans compromettre ce qui constitue notre plus grande richesse".
Le ministre des Transports a ajouté : "L'État doit montrer l'exemple, mais de nombreuses entreprises privées prennent également des initiatives. Un appel à projet de 60 millions d'euros a été lancé pour soutenir les acteurs privés qui souhaitent décarboner le transport maritime. Nous sommes prêts à accompagner les armateurs désireux de porter ces projets".
Cependant, la réalisation d'un modèle similaire sur d'autres lignes maritimes, notamment vers les îles d'or, semble plus complexe. Le problème du surtourisme a été en partie résolu grâce à des quotas limitant le nombre de passagers quotidien, mais le transport de près de 300 personnes à chaque traversée rendrait l'adoption d'une motorisation 100 % électrique difficile. Cela nécessiterait des moteurs hybrides et des investissements considérables pour l'entreprise TLV, qui a la charge des liaisons entre le continent et les îles. De plus, l'électrification des quais poserait encore d'autres défis logistiques.
Antoine de Saint-Exupéry a une fois dit : "Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible", et il semble que l'avenir du transport maritime soit plein de potentiel, à condition que l'innovation ne soit pas précipitée.







