Un garçon de seulement 9 ans, retrouvé dans des conditions alarmantes à Hagenbach (Haut-Rhin), a été séquestré pendant toute une année dans une camionnette. Les gendarmes ont découvert l’enfant le 13 avril dernier après qu’une voisine a signalé des cris. En réaction à cette tragédie, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative afin de comprendre les raisons de l’absence de signalements concernant la situation critique de cet enfant.
Le mystère persiste : comment un enfant peut-il rester sans scolarisation pendant plus d’un an ? C’est ce que se demandent les habitants d’Hagenbach. Selon des informations rapportées par L’Humanité, l’enfant a été découvert « couché en position fœtale, nu, recouvert d’une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments ».
Le père, un électricien de 43 ans, a été placé en détention provisoire, et sa compagne de 37 ans, qui nie toute connaissance de la situation, est également impliquée dans l’affaire. Malgré un déménagement dans un village de 800 habitants, la famille avait informé les autorités locales qu’ils avaient « deux adultes et trois enfants » chez eux, incluant le petit garçon.
Un manque d’échange d’information entre les communes et l’Éducation nationale
Scolarisé en classe de CP à Mulhouse, l’enfant a disparu des fichiers scolaires après le déménagement. Guy Bach, l’ancien maire de la commune, a rappelé que lors de l’inscription, la famille avait assuré que tous les enfants étaient correctement scolarisés. Pourtant, le rectorat de Strasbourg stipule que les parents sont tenus d’inscrire leurs enfants dans un nouveau établissement sous un délai de huit jours.
Les autorités locales pointent du doigt un problème de communication. Le ministre de l’Éducation souligne que les maires doivent s'assurer de la vérification des inscriptions scolaires, tandis que les communes elles-mêmes ne peuvent procéder à un contrôle au-delà des déclarations initiales. Josiane Bigot, fondatrice de l’association Themis, abonde dans ce sens en affirmant que « l’Éducation nationale devait avertir en cas de déscolarisation ».
« Une illustration des dysfonctionnements de la protection de l’enfance »
Les établissements scolaires ont un rôle crucial dans le signalement de telles situations. Sarah El Haïry, interrogée par Le Parisien, a admis que malgré les efforts déployés, certains enfants échappent aux systèmes de protection existants. La haute-commissaire à l’Enfance a affirmé que des démarches étaient en cours pour améliorer la transmission d’informations entre les différentes entités impliquées.
« Il est impératif de comprendre pourquoi personne n’a pu détecter cette situation », a déclaré Édouard Geffray, qui a prévu de se rendre sur les lieux du drame. Il a également évoqué une éventuelle révision des pratiques actuelles si des failles sont identifiées au cours de l’enquête qui doit conclure dans les six semaines à venir.
Les experts, comme l’ancienne juge des enfants Josianne Bigot, soulignent que ce cas met en lumière les dysfonctionnements alarmants dans le système de protection de l’enfance. Les responsabilités entre les différentes agences pourraient être floues, et toute la communauté est désormais appelée à réfléchir sur la sécurité des enfants en situation précaire.







