Les deux Français, enlevés par le régime iranien de 2022 à 2025, ont retrouvé la France le 8 avril après des mois de résidence contraint à l'ambassade de France à Téhéran.
« Trois quarts d’heure avant notre libération, ils nous disaient encore : “vous ne serez pas libérés ce soir”. Jusqu’au bout, ils ont voulu nous tourmenter. Ce qu’ils voulaient obtenir de nous, c'est qu'on ne parle pas, qu'on s'enterre, qu'on s'isole. » Ces mots résonnent comme un écho du calvaire vécu par Cécile Kohler et Jacques Paris.
Après trois ans de souffrances, les deux enseignants français sont revenus à Paris et ont décrit, au micro des 20 Heures de France 2 et sur France Inter, les atrocités de leur détention, qu'ils qualifient de « processus de déshumanisation total ».
Cécile Kohler et Jacques Paris avaient été capturés en mai 2022 alors qu'ils s'apprêtaient à quitter l'Iran après un voyage touristique. « On nous a arrêtés, arrachés de notre taxi, menottés et les yeux bandés, en nous disant que nous ne sortirions pas. » Le récit de Jacques Paris et son opération d'évasion se transforme en un saut dans l'inimaginable, lorsque Cécile se voit accusée de « terrorisme ». « Je sais qu’en Iran la justice n’est pas transparente. J’avais peur, » confie-t-elle, partageant la peur constante qui l'habitait.
Leur quotidien fut marqué par l’isolement, sans lit ni équipements de base, et leur accès à un miroir strictement interdit. Cécile décrit les effets psychologiques dévastateurs : « Au bout de quatre jours, on devient presque fous, avec cette attente insupportable. Les interrogatoires étaient terrifiants, on nous menaçait de ne jamais revoir nos proches. »
Les enseignants se sont retrouvés contraints de faire des aveux filmés, diffusés par la télévision d’État, un acte qu’ils considèrent comme du « viol » psychologique. Pendant 17 mois, ils ne se rencontrèrent que « quatre minutes », avant d'avoir des visites sporadiques. Jacques souligne la difficulté de gérer le peu de réconfort qu'apportaient ces rencontres éphémères.
Pour préserver leur santé mentale, ils ont cherché à rester actifs : « J'essayais de courir sur place dans un espace réduit, » dévoile Cécile. L'enseignement et la poésie sont devenus des échappatoires, et Cécile a même appris des poèmes persans pour se consoler.
Les deux otages ont été libérés début novembre 2025, mais ont dû respecter des restrictions de départ jusqu'à leur libération. Cécile a partagé sa joie lors de son passage en Azerbaïdjan : « Quand j’ai traversé la frontière, j’ai appelé ma sœur pour lui dire que c’était enfin terminé. »
Jacques s'est réjoui de retrouver la simplicité de la vie : « Lorsque l’on a été privé de tout, même un geste simple comme serrer ses proches dans ses bras est exceptionnel. » Cécile conclut en disant qu'ils se réhabituaient rapidement à la vie et à la joie.







