Au cœur des débats et d’un recours légal, le projet de renaturation du Surgié à Figeac (Lot) émerge comme un emblème de la préservation des ressources en eau et du patrimoine. Ce 3 avril, une convention novatrice a été signée au Moulin du Surgié entre l’agence de l’eau Adour-Garonne et la Fondation du Patrimoine.
Le site du Surgié, actuellement en mutation, attire l'attention avec un grand projet de renaturation qui a suscité des controverses et a même motivé un recours en justice. L'agence de l'eau et la Fondation du Patrimoine ont choisi cet emplacement pour établir un partenariat historique, en présence de nombreux élus locaux. "Il s’agit d’un premier partenariat entre la Fondation du Patrimoine et une agence de l’eau en France, et nous le faisons ici naturellement", a expliqué Anne-Marie Leroy, déléguée régionale de la Fondation du Patrimoine Occitanie-Pyrénées, rappelant que le projet avait reçu le deuxième prix national du Patrimoine naturel et biodiversité avec une aide de 80 000 euros en 2025.
"Le patrimoine naturel est inscrit dans nos statuts depuis 30 ans", a souligné Anne-Marie Leroy. "Nous avons longtemps travaillé sur le petit patrimoine rural, puis sur des monuments plus prestigieux, jusqu’à ceux comme Notre-Dame. En 2022, nous avons décidé d'intensifier notre engagement dans cette direction". En quatre ans, six initiatives, incluant le projet de Figeac, ont été soutenues en Occitanie au total de 415 000 euros, et l'objectif est de construire des actions durables en collaboration avec l’agence de l’eau.
"C’était une évidence de signer cette convention ici"
Cette convention triennale vise à structurer et développer des projets alliant patrimoine et eau, tel que la réhabilitation des moulins ou des lavoirs. Le Moulin du Surgié sera transformé en Maison de la rivière et deviendra le siège du syndicat mixte du bassin Célé-Lot médian. "Il était évident de conclure cette convention ici", a affirmé Elodie Galko, directrice générale de l’agence de l’eau Adour-Garonne. "L’eau est un bien commun, menacé, qu’il est essentiel de préserver". La diminution des débits, estimée à 40 % pour le Célé d'ici 2050, représente une préoccupation pour les acteurs du territoire, qui soulignent l’importance d’une gestion durable des ressources en eau dans le contexte du changement climatique.
Un défi majeur, comme l’a précisé Bernard Laborie, président du syndicat mixte Célé-Lot médian. Il s’est dit "honoré" de voir cette convention naître à Figeac. Marilyne Poulain, préfète du Lot, a également salué cette initiative, soulignant que la question du patrimoine, qu'il soit matériel, naturel ou immatériel, est d’une importance capitale dans ce département. "Préserver le patrimoine, c’est aussi préparer l’avenir" a-t-elle conclu.







