La vente du Parc des Princes au PSG est devenue l'un des principaux thèmes de la campagne municipale à Paris. Une majorité des candidats, issus de divers horizons politiques, se montrent favorables à cette cession, bien que les modalités diffèrent considérablement.
Rachida Dati, candidate Les Républicains (LR) et MoDem, s'engage à "faire rester le PSG à Paris", une position soutenue par son directeur de campagne, Jérôme Sterkers, qui a déclaré : "Le PSG contribue au prestige de notre capitale".
Les discussions entre la mairie, actuellement dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, et le club de football sont bloquées. Hidalgo a toujours refusé de vendre ce stade historique, ce qui a alimenté des tensions croissantes. En effet, Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, a évoqué la possibilité d'un déménagement alternatif vers Massy ou Poissy, avec l'appui de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France.
Le champion d'Europe en titre insiste sur la nécessité de posséder un grand stade pour ses projets d'expansion, et refuse d'investir sans en être propriétaire. "Un minimum de 100 millions d'euros de travaux de rénovation" serait nécessaire, note Dati, une charge que la ville ne pourrait pas supporter seule, selon Sterkers.
- Divisions internes -
Emmanuel Grégoire, ancien adjoint d'Hidalgo et candidat socialiste, a récemment changé son discours ; bien qu'il ait déclaré en 2024 qu'une vente était inenvisageable, il se dit désormais favorable à un compromis. Il propose deux solutions : un bail à long terme ou une vente encadrée, tout en soulignant la nécessité de protéger le patrimoine du stade.
Ses alliés écologistes, notamment David Belliard, désapprouvent cette approche et plaident pour une consultation citoyenne. D'autres candidats, tels que Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, demandent eux aussi la vente, cette dernière évoquant même la tenue d'un référendum sur la question.
- La préservation du patrimoine -
Actuellement, le PSG détient un bail emphytéotique sur le Parc des Princes jusqu'en 2044, et parait peu enclin à céder ce qui serait une offre de 38 millions d'euros, jugée insuffisante par Pierre Rabadan, adjoint aux sports de la maire sortante.
Pierre Rondeau, économiste du sport, évalue le prix d'achat autour de 100 à 300 millions d'euros, mettant en avant l'importance historique et stratégique du site. Les partisans du non-vente font valoir que céder un tel édifice reviendrait à abandonner le contrôle sur un élément patrimonial essentiel de la ville.
Les opposants à la vente, tels que Émile Meunier, ont exprimé des craintes quant à une éventuelle prédation du patrimoine public. D'autres, comme Thierry Mariani du Rassemblement national, plaident pour la préservation du modèle de bail emphytéotique, redoutant une vente à des investisseurs étrangers.
Malgré ces tensions, un récent sondage indique que 61% des Parisiens sont en faveur de la vente du Parc des Princes au PSG. Le Collectif Ultras Paris affiche une position claire en souhaitant que le club demeure ancré dans le Stade, affichant la banderole "Le PSG c'est au Parc". Ce débat, loin d'être tranché, continuera d'alimenter les discussions jusqu'aux élections.







