L'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche et le Portugal relancent l'idée d'une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques. Pendant ce temps, Paris se contente de demander une enquête sur les marges des raffineries.
Dans une lettre envoyée au commissaire européen Wopke Hoekstra, les ministres des Finances de ces cinq pays ont appelé la Commission européenne à réactiver un mécanisme de solidarité au sein de l'Union. Selon eux, la flambée des prix des énergies, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient, nécessite une intervention rapide pour éviter que le poids de cette crise ne repose uniquement sur les ménages et les budgets nationaux.
À l'opposé, le gouvernement français, représenté par le ministre de l'Économie, Roland Lescure, n'a pas participé à cette démarche. Au lieu de cela, il a sollicité l'UE pour une enquête sur les marges des raffineries, arguant qu'il est essentiel de vérifier qu'il n'y ait pas d'abus de la part des acteurs du secteur.
Benoît Hamon, ancien ministre, critique la position française, la qualifiant d'insufficient face aux enjeux actuels. Il a déclaré à Le Monde : "La France doit prendre part aux discussions, car l'unité est essentielle pour résoudre cette crise énergétique."
Une taxe coordonnée pour soulager les consommateurs
Les pays signataires se rejoignent sur un point essentiel : une taxe coordonnée pourrait permettre de financer des aides aux consommateurs sans alourdir les déficits nationaux. Leur projet rappelle un précédent de 2022 où l'UE avait imposé une contribution de solidarité sur les profits des entreprises pétrolières et gazières.
Pour mieux soutenir les consommateurs, les ministres demandent également à évaluer l'impact des bénéfices réalisés à l'international par ces multinationales, une mesure qui pourrait élargir l'assiette de taxation.
Cette initiative survient alors que les capitales européennes sont en quête de solutions face à l'augmentation des prix de l'énergie, tout en étant conscientes du risque d'inflation et de creusement des déficits publics. La Commission européenne doit donc examiner la faisabilité juridique de cette taxe, un sujet qui devrait raviver le débat sur le partage de l'effort entre entreprises, gouvernements et consommateurs.







