Le gouvernement français a récemment mis en avant son programme ambitieux pour le secteur énergétique, visant à répondre aux enjeux de souveraineté et de décarbonation d'ici 2035. Présentée jeudi, cette nouvelle Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) met l'accent sur le nucléaire et une electricité renouvelable, remplaçant ainsi les énergies fossiles jugées coûteuses à importer.
Cette annonce, bien que saluée par certains acteurs du secteur, a également suscité de vives réactions. Si des entreprises se montrent soulagées par cette direction claire après plusieurs années d'attente, d'autres, comme Greenpeace, critiquent une vision jugée trop focalisée sur le nucléaire. "Le gouvernement semble persister dans le mythe du nucléaire à tout prix", a déclaré un porte-parole de l'ONG.
Le ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a souligné l'importance de cette feuille de route pour soutenir les investissements et assurer la compétitivité de la France dans un contexte de transition énergétique mondiale. "Notre objectif est de réduire la consommation d'énergies fossiles à 40 % d'ici 2030", a-t-il déclaré, ajoutant que le nucléaire devrait représenter entre 380 à 420 TWh de la production d’électricité d'ici 2030.
Quelle place pour chaque énergie ?
Dans le détail, cette stratégie, qui sera publiée au Journal officiel, précise les parts respectives de chaque source d'énergie, alliant nucléaire et énergies renouvelables tout en reconnaissant un ralentissement dans le développement de l'éolien terrestre et du solaire en raison d'une stagnation de la demande électrique. Les experts estiment que cette décision vise à établir un équilibre entre ambitions écologiques et réalités économiques.
"Pour la première fois, nos intérêts climatiques coïncident avec nos besoins géopolitiques", a constaté Lecornu, faisant référence aux changements nécessaires au regard des enjeux géopolitiques actuels, tels que la crise énergétique liée aux conflits en Ukraine. Ce programme sera sujet à réévaluation en 2027, coïncidant avec le moment où les décisions doivent être prises à l'aube des élections présidentielles.
Avec des certifications à obtenir et des oppositions à affronter, la France se dirige vers un avenir énergétique incertain mais clairement défini. La suite des événements déterminera si ce plan parviendra à concilier les différentes voix du secteur énergétique, tout en répondant efficacement aux besoins environnementaux du pays.







