« Il est essentiel de reconnaître la demande de radicalité qui se fait sentir dans notre société », déclare Matthieu Pigasse, banquier d'affaires et entrepreneur. Dans un entretien accordé à l'AFP, il se positionne comme une potentielle solution à gauche, avec un projet de transformation radicale. « La social-démocratie dans laquelle j'ai évolué ne suffit plus », précise-t-il, se remémorant ses expériences aux côtés de leaders comme Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius sous Lionel Jospin.
Pigasse critique les dix années de politique de l'offre d'Emmanuel Macron, appelant à une « gauche radicale de gouvernement » et à un projet crédible de changement fondamental. Parmi ses propositions, il évoque une augmentation significative du SMIC de 20%, le portant ainsi à 1.773 euros net - une mesure plus ambitieuse que celle avancée par La France insoumise.
Une « gauche radicale », mais pas une gauche Insoumise
« La gestion et la transformation doivent aller de pair », poursuit-il, rappelant les réforme majeures telles que la Couverture Maladie Universelle ou les 35 heures réalisées par Jospin. Pigasse, qui dirige Radio Nova et organise des festivals de musique, mène également une bataille culturelle contre l’extrême droite. Cependant, il souhaite se démarquer de Jean-Luc Mélenchon en exprimant son engagement pro-européen et sa défense du nucléaire. « Il est crucial d’apaiser et de rassembler », souligne-t-il.
Le banquier considère la sécurité comme une valeur fondamentale de gauche, arguant que « la mission de cette gauche est de protéger les plus vulnérables », en proposant de rétablir la police de proximité, implémentée par Jospin et abolie par Sarkozy.
Entre candidature et soutien stratégique
« Je suis prêt à me lancer si cela s'avère nécessaire. Sinon, je soutiendrai pleinement celui ou celle qui prendra les rênes », précise-t-il, tout en nuançant son rôle potentiel dans la course. Sa position d'homme d'affaires soulève des questions sur son attrait pour l'électorat de gauche : « comprendre le système est essentiel pour le transformer. Je n'ai pas eu d'héritage, j'ai construit ma vie avec mes propres moyens », affirme Matthieu Pigasse, visiblement préoccupé par les critiques.
« Un homme de gauche sans expérience dans le monde de l'entreprise est souvent jugé déconnecté, alors que celui qui possède cette expérience est considéré comme insincère. J'ai forcé le respect de mes valeurs sur mes intérêts », soutient-il, rappelant son rôle dans des restructurations de dettes internationales notables, telles que celles du Venezuela et de l’Argentine.
« La gauche doit vouloir gagner »
En attendant, Matthieu Pigasse admet travailler actuellement avec une équipe, sans avoir encore créé d’association de financement, condition sine qua non pour une campagne présidentielle. Il évoque la déception de la non-qualification de Lionel Jospin au second tour de 2002 comme un événement marquant pour la gauche. « L’unité est primordiale pour remporter des élections », insiste-t-il. Mais avec qui s'unir ? « Mélenchon suit son propre chemin », note-t-il, tandis qu'il appelle le Parti socialiste à prendre un rôle moteur dans cette union, tout en critiquant le centrisme de Raphaël Glucksmann et son désintérêt pour une primaire de gauche. « La gauche peut gagner, à condition qu'elle le désire véritablement », conclut-il.







