Les «faux aliments» envahissent nos placards et réfrigérateurs, posant un risque potentiel pour notre bien-être. Selon plusieurs études scientifiques, y compris celle de l'équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN), la situation pourrait être préoccupante. Analysons la question.
Les aliments ultratransformés : de quoi s'agit-il ?
La dernière publication dans Jama Internal Medicine présente les résultats d'une étude française impliquant 44.551 participants. Bien que cette recherche n'établisse pas de lien de cause à effet direct, le Docteur Mathilde Touvier, directrice de l'étude, affirme qu'il s'agit d'une avancée importante dans la compréhension des effets des aliments ultratransformés. Les résultats viennent renforcer des études antérieures révélant des corrélations entre ces produits et des maladies telles que le cancer, l'hypertension et l'obésité.
Comment repérer ces faux aliments ?
Mais que désigne-t-on par « aliment ultratransformé » ? Selon Anthony Fardet, chercheur et auteur de Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, ces produits sont souvent entièrement fabriqués par l'industrie agro-alimentaire. Pour identifier ces faux aliments dans les rayons, il suffit de lire la liste des ingrédients. Selon Fardet, si une étiquette comporte plus de cinq composants tels que des sirops de glucose ou des additifs, alors il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse d'un produit ultratransformé. En France, ces aliments représentent actuellement près de 40 à 50 % des choix dans les supermarchés.
Certains produits, comme les céréales pour enfants ou des yaourts aux fruits allégés, se présentent sous une allure séduisante mais cachent des ingrédients préoccupants. Fardet met en garde contre l'illusion que certains labels comme « bio » suffisent à garantir des produits sains, même si cela peut réduire le nombre d'additifs.
Un risque manifeste pour la santé
Actuellement, un adulte français ingère en moyenne 36 % de calories dérivées d'aliments ultratransformés chaque jour. Bien que cela soit moins qu'aux États-Unis, où ce chiffre dépasse les 50 %, cela demeure trop élevé pour Fardet. Il recommande de limiter cette consommation à une à deux portions par jour pour éviter les effets néfastes sur la santé, notamment le risque d'obésité et de maladies cardiovasculaires.
Pour une alimentation équilibrée, il est essentiel d'inclure davantage d'aliments d'origine végétale et de limiter le recours aux produits ultratransformés. Fardet conseille de consommer quotidiennement cinq portions de fruits ou légumes peu transformés, favorisant idéalement ceux qui sont bio, locaux et de saison.







