La scène politique française a perdu l'une de ses figures les plus emblématiques. André Santini, ancien ministre et maire d'Issy-les-Moulineaux pendant plus de quarante ans, est décédé récemment à l'âge de 85 ans. Il était connu pour sa longévité politique, mais surtout pour son humour piquant et ses phrases mémorables qui ont su marquer les esprits.
À plusieurs reprises, Santini a utilisé son humour grinçant pour commenter la situation politique. Voici cinq de ses citations les plus iconiques qui continuent d'évoquer son esprit vif et caustique.
Sur Édith Cresson et sa chute dans les sondages
« À force de descendre dans les sondages, elle va finir par trouver du pétrole. »
Lorsque la Première ministre Édith Cresson a sombré dans l'impopularité au début des années 90, Santini ne manqua pas de faire cette remarque pleine de verve, un clin d'œil toujours apprécié par ses contemporains.
Sur Alain Juppé et sa gestion du gouvernement
« Avant, le Gouvernement allait dans le mur, maintenant il klaxonne. »
Cette réplique emblématique est surgie alors qu'Alain Juppé se trouvait en proie à de vives contestations. Santini maîtrisait l'art de la métaphore, et celle-ci restera gravée dans les annales de l'humour politique.
Sur Raymond Barre, son voisin à l’Assemblée
« Barre, c’est mon compagnon de chambre : il dort à côté de moi à l’Assemblée. »
Cette phrase faisait référence à la réputation de Raymond Barre, souvent qualifié de grand dormeur. Santini n’hésitait pas à se moquer avec tendresse de ses collègues parlementaires.
Sur François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing
« Je crois qu’on en a fait un peu trop pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu’on en ait fait autant pour Giscard. »
En affirmant cela, Santini a su dégager une ironie mordante sur les funérailles de Mitterrand, qui se faisaient dans un contexte très solennel, tandis que Giscard était encore en vie.
Sur la vie de parlementaire
« La différence entre un cocu et un député, c’est que le premier n’est pas obligé d’assister à la séance. »
Cette formule audacieuse visait à souligner l'absentéisme fréquent à l'Assemblée et a suscité des rires, tout en touchant du doigt un problème récurrent de l'institution.
André Santini demeure ainsi un monument de l'humour politique en France, laissant derrière lui un héritage de reparties légendaires, témoignant d'une époque où le rire avait aussi sa place en politique.







