L’essentiel
Le 13 mai dernier, l’Assemblée nationale a validé une proposition de loi visant à mieux considérer les spécificités des villages de montagne. Ce texte, source de débats passionnés entre les différents partis, doit être prochainement examiné par le Sénat.
Environ 30 % du territoire français est constitué de montagnes, souvent confrontées à des défis tels que l’enclavement et l’isolement. Bien qu'une première loi Montagne ait été mise en place en 1985, de nombreuses politiques publiques demeurent inadaptées à ces territoires montagneux. La nouvelle proposition de loi a été discutée à l’Assemblée nationale pour redresser cette situation.
« La montagne n'a pas de couleur politique, il est temps de rassembler nos forces pour apporter des solutions concrètes aux habitants », a exprimé Jean-Pierre Vigier, rapporteur du texte et député LR de la Haute-Loire. Il a ajouté que quarante ans après la première loi, "nous sommes toujours en retard dans nos engagements vis-à-vis de ces zones sensibles".
Accès aux services : une carte scolaire repensée
Le texte aborde en priorité l'accès aux services publics, notamment l'éducation. Il propose une révision de la carte scolaire en milieu montagnard, en intégrant des critères d’isolement et de temps nécessaire pour rejoindre les écoles, impactant les décisions d'ouverture ou de fermeture des classes. Ce projet envisage également d’améliorer l’accès aux soins, avec des solutions telles que des transports aériens d’urgence pour les zones les plus reculées.
Une gestion de l'eau au cœur des préoccupations
Les discussions se sont intensifiées lors de l’examen des mesures relatives à la gestion de l’eau et aux règles d’urbanisme. Une attention particulière a été portée à la neige artificielle, un sujet délicat dans le cadre du changement climatique. Les députés d’opposition, notamment ceux des groupes écologiste et de La France insoumise, ont mis en lumière un manque de hiérarchisation dans l’utilisation des ressources en eau, s’inquiétant des conséquences de la neige artificielle sur les enjeux environnementaux.
Sylvie Ferrer, députée LFI des Hautes-Pyrénées, a vivement contesté l'absence de mesures de protection pour les glaciers, soulignant l’urgence écologique et la nécessité de traiter la montagne comme un écosystème fragile en danger. Cependant, certains, comme le député RN Alexis Jolly, ont exprimé une vision différente, arguant que préserver la montagne ne devrait pas se faire au détriment des emplois de ceux qui y vivent.
En commission développement durable, je me suis récemment mobilisée sur la protection des ressources en eau, car le projet de loi montagne ne répond pas, voire risque d’aggraver la situation face au changement climatique !
— Sylvie Ferrer (@FerrerSylvie11) May 13, 2026
Lien YouTube : https://t.co/S3G6j9IZD4
Vers un examen au Sénat
Adoptée avec 42 voix contre 11, cette proposition de loi fait office de première étape dans une série de réformes potentielles. Malgré les désaccords, notamment sur les questions écologiques, le texte est désormais prêt à être examiné au Sénat, bien aucune date précise n’a encore été fixée.







