"Il coche toutes les cases", déclare un proche. Emmanuel Moulin, élu par Emmanuel Macron comme candidat au poste de gouverneur de la Banque de France, est un haut fonctionnaire au parcours notable, alliant expertise financière et sens politique.
Ancien directeur général du Trésor, Moulin a été pendant l'année passée le bras droit de Macron en tant que secrétaire général de l'Élysée. Ce double parcours au sein des instances financières et politiques françaises témoigne de son engagement envers les évolutions économiques du pays.
À 57 ans, cet inspecteur général des finances, diplômé de Sciences Po et d'ESSEC, considère le poste à la Banque de France comme l'apogée de sa carrière, ayant débuté à la Banque mondiale.
Moulin a commencé sa carrière en 2007, travaillant à l’époque sous des gouvernements de droite. Cet aspect de son passé sert aujourd'hui à tempérer son image de technocrate macroniste, en espérant obtenir la confiance des parlementaires Républicains.
Son expérience à Bercy, notamment aux côtés de Christine Lagarde et durant les mandats de Nicolas Sarkozy, l’a préparé à affronter les crises économiques, notamment celle de l'euro.
Après un intermède dans le secteur privé chez Eurotunnel et Mediobanca durant le quinquennat de François Hollande, il retourne vers la sphère publique comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire, avant d’être promu directeur du Trésor fin 2020.
En 2024, sa carrière prend un tournant avec sa nomination comme directeur de cabinet de Gabriel Attal. Cependant, la dissolution de l'Assemblée nationale interrompt ce passage.
"C'est un grand serviteur de l'État avec beaucoup d'humour et d'autodérision", évoque Louis Jublin, un ancien conseiller, soulignant ses compétences en gestion de crise.
En avril 2025, il prend la tête de l'Élysée, succédant à Alexis Kohler, et se retrouve au cœur d'un cercle restreint. Père de quatre enfants, marié à la chercheuse Laurence Nardon, il est devenu un acteur clé autour du président.
Certains conseillers gouvernementaux décrivent Moulin comme un individu "rationnel et politique", bien qu'il suscite également des doutes quant à son influence réelle sur le président. Certains lui reprochent des conseils erronés, comme la nomination de Bruno Le Maire comme ministre des Armées, qui a provoqué une réaction négative au sein de la droite.
Lorsque François Villeroy de Galhau annonce son départ prématuré, Emmanuel Moulin formule sa candidature. Sa volonté de devenir gouverneur n'est pas un secret, selon un ancien compagnon de route. "Il a les compétences nécessaires", souligne une ministre de la Macronie, ajoutant : "Il connaît bien les marchés européens".
Cependant, ses détracteurs, comme Éric Coquerel, président de la commission des Finances, estiment qu'il n'a pas fait preuve d'indépendance vis-à-vis de la politique économique de Macron. De même, Jean-Philippe Tanguy, au Rassemblement national, critique sa compétence, faisant mention de l'augmentation de la dette française.







