Comme souvent au début d'une nouvelle mandature, les élus se penchent sur un sujet particulièrement délicat : la rémunération des maires et des élus. Autour de Bordeaux, les conseils municipaux s'efforcent de définir les montants adéquats, tout en respectant les marges de manœuvre qu’offre la loi. Selon Sud Ouest, ces délibérations doivent pour certaines municipalités être finalisées dans un délai de trois mois suivant les élections.
L'indemnisation des élus est un sujet décisif, souligne Michel Poignonec, le maire de Villenave-d'Ornon, "les maires ne comptent pas leurs heures. Des situations d'urgence peuvent survenir à tout moment, ce qui impose un engagement total". Actuellement, son indemnité a été revalorisée à 4 343,22 euros, un montant qui demeure inférieur à celui fixé entre 2014 et 2020. "J'ai déjà réduit mon temps de travail pour me concentrer sur mes fonctions", précise-t-il, hésitant à augmenter ses indemnités afin de pouvoir rémunérer ses adjoints et d'autres élus, y compris ceux de l'opposition.
À plein temps
À Talence, le maire Emmanuel Sallabery, qui perçoit 5 076 euros, partage également cette perspective. "L'indemnité compense le temps où l'élu est mobilisé pour la commune, ce qui lui permet de travailler efficacement", dit-il. Ce principe est d’ailleurs reconnu largement autour de Bordeaux, où les élus réfléchissent à la meilleure manière de concilier responsabilités publiques et compensation financière.
À Pessac, le maire Franck Raynal a pour sa part réduit son indemnité de 20% et la fixe à 5 105,32 euros en 2026, une ration jugée insuffisante par l'opposition. "Je consacre déjà 50% de mon temps à mon emploi au CHU de Bordeaux", souligne l'opposante Bérangère Couillard, appelant à une redistribution plus équitable des ressources.
Dans un geste symbolique, le maire de Lormont, Philippe Quertinmont, a même choisi de renoncer à ses indemnités, une décision qu'il justifie par son engagement à soutenir son équipe tout en gérant un équilibre financier optimal grâce à ses autres mandats.
Une loi flexible mais rigoureuse
En France, chaque municipalité dispose d'une enveloppe à répartir parmi ses élus, avec des plafonds fixés par la loi selon la taille de la commune. Par exemple, le maire d'une ville de 3 500 à 9 999 habitants peut percevoir jusqu'à 2 396,44 euros. Ce système permet une certaine flexibilité, tout en veillant à ce que les élus soient efficacement rémunérés pour leurs efforts. Cependant, comme nous le voyons, des discussions complexes se posent quant à l'équité de ces sommes entre les différentes municipalités.
Alors que chacun tente de trouver un équilibre, un dialogue s’engage autour de ces questions d’indemnisation, témoignant de la complexité de la tâche des élus et de leur engagement inconditionnel envers les citoyens.







