Le marché dominical d'Aubière, près de Clermont-Ferrand, a observé une affluence bien moindre que d'habitude le dimanche 12 avril, sous une pluie battante et des parapluies déployés. Les commerçants, bien que dissimulés derrière leurs comptoirs, portent un poids préoccupant : l'escalade des prix du carburant a des conséquences tangibles sur leur activité.
“Les budgets ont baissé”
Dans son camion, Serge, un fromager engagé, partage ses inquiétudes avec ses clients fidèles. Bien qu'il profite d'une certaine protection contre la pluie, il ne peut échapper à la réalité des coûts élevés des combustibles. “Tous les camions roulent au diesel,” explique-t-il, “pour alimenter le froid de mes vitrines quand je suis sur la route, un plein de 90 litres à 2,30 € par litre peut rapidement coûter cher.”
Malgré des coûts en constante augmentation, les ventes ne compenseront pas la situation : “Les budgets ont baissé,” admet-il. “Avant, un client achetait un demi Saint-Nectaire, maintenant, c'est un quart, voire moins.”
Les clients semblent également plus prudents, comme Héloïse, une Aubiéroise, qui témoigne : “On sélectionne plus ce qu'on achète : moins de viande, mais de meilleure qualité ; des légumes frais, mais en plus petite quantité.”
“On ne peut pas continuer comme ça”
La situation est tout aussi préoccupante pour Abdullah Ortaoren, vendeur de fruits, qui constate une hausse inédite des coûts des matières premières. “Tout coûte plus cher aujourd'hui, transport, emballages...,” déplore-t-il. “Proposer des promotions ne compense pas la hausse des prix.”
Fatigué par la situation, Abdullah se dit acculé : “Je ne vois pas d’avenir dans ce métier,” lâche-t-il. Il ajoute qu'un retour au beau temps pourrait amener plus de clients au marché, mais il déconseillerait à un jeune de se lancer dans ce secteur. Selon des experts de l'économie locale, la situation économique actuelle pousse à la réévaluation des choix alimentaires des consommateurs et à une recherche accrue de produits locaux moins impactés par cette flambée.







