Graz (Autriche), correspondance particulière.
Lors des élections municipales de dimanche dernier, le Parti communiste d'Autriche (KPÖ) a réalisé une performance remarquable en obtenant 35,63 % des voix, marquant une progression de 7 points par rapport à 2021. Cette hausse ouvre la voie à une possible majorité de gauche, conjuguée aux Verts, sans le soutien des sociaux-démocrates du SPÖ, qui ont enregistré un déclin significatif à seulement 5,63 %.
Ce dimanche 28 juin, à la Maison du peuple de Graz, l’effervescence était palpable parmi les militants et sympathisants. Leurs pronostics variaient, certains s'attendant à une légère baisse du vote, d'autres misant sur une hausse grâce à la satisfaction populaire vis-à-vis des actions de la maire Elke Kahr. L’enthousiasme s’est finalement confirmé à 17 heures avec l’annonce des résultats, relayée par plusieurs médias, dont L'Humanité.
La santé publique, fer de lance d’un bilan plébiscité
Le SPÖ, après une campagne difficile, semble avoir payé le prix d'attaques maladroites contre leurs rivaux communistes, ciblant particulièrement Robert Krotzer, adjoint en charge de la santé. Dans un Land où l’extrême droite multiplie les fermetures d’hôpitaux et réduit le nombre de médecins conventionnés, Graz est parvenue à maintenir l’intégralité de ses sept centres de santé municipaux. Ces derniers offrent un suivi social indispensable, essentiel pour éviter que les plus modestes ne renoncent à leurs droits en matière de santé, comme l'ont souligné plusieurs experts.
La municipalité a également instauré un service de santé à domicile, disponible la nuit et les week-ends, visant à répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite. Les résultats tangibles de ces initiatives sont palpables, avec une réduction des maladies infantiles observée grâce à des programmes de vaccination efficaces.
La tactique du SPÖ a vraisemblablement eu l'effet contraire de celui escompté, amenant de nombreux électeurs à se tourner vers le KPÖ. Dans ce contexte, Graz, surnommée Leningraz par ses détracteurs, s’affirme de plus en plus comme un bastion pour le KPÖ, qui pourrait voir sa présence renforcée à gauche. Cela a attiré l'attention même au niveau international ; des leaders comme Ines Schwerdtner de Die Linke et Fabien Roussel du PCF ont applaudi cette victoire, soulignant l’importance de répondre aux attentes des citoyens.







