Le chef druze Walid Joumblatt a exprimé son mécontentement vis-à-vis de la récente entente entre le Liban et Israël. Selon lui, cet accord, signé à Washington, permettrait à Israël de continuer son occupation dans le sud du Liban et confierait à l'armée libanaise la tâche de désarmer le Hezbollah, exacerbant ainsi les tensions internes.
Figure éminente de la communauté druze, Walid Joumblatt a dirigé le Parti socialiste progressiste jusqu’en 2023. Dans ses mémoires, Un destin au Levant. De la guerre civile à la paix incertaine, il aborde ce sujet crucial, révélant son inquiétude pour la stabilité politique du Liban.
En analysant l’accord récemment signé, Joumblatt souligne que rien dans le texte ne mentionne l'armistice qui régit les relations entre le Liban et Israël depuis 1949. Il déclare que cet accord ne fait que prolonger l'occupation israélienne, tout en permettant aux États-Unis de l'utiliser pour des manigances diplomatiques, une opportunité pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
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C’est une véritable capitulation face à Israël, affirme Joumblatt. Cet accord n'évoque pas l'occupation mais parle simplement d'un « rétablissement graduel de l’autorité libanaise », conditionné au désarmement du Hezbollah. Il ajoute qu'un nouveau concept de « zones pilotes » a été introduit, laissant entendre un nettoyage politique des zones d'influence du Hezbollah.
Ce processus pourrait provoquer des répercussions désastreuses pour la société libanaise. « Imposer à l’armée libanaise ce rôle, alors qu’il aurait été possible de négocier, est irresponsable », insiste-t-il.
Historiquement, Joumblatt rappelle que cet accord fait écho à celui de 1983, un autre moment controversé qui a finalement perpétué l'occupation israélienne. « Les politiques ont beaucoup changé, mais cet accord se dessine semblablement comme une capitulation ».
Interrogé sur le double jeu des États-Unis, il constate une lutte d'influence au sein de l'administration américaine, mettant en lumière des tensions entre les stratégies pro-israéliennes et celles favorables à une approche plus équilibrée vis-à-vis de l'Iran.
Les implications de cet accord ne se limitent pas aux frontières libanaises. L'éventuelle intervention du président syrien, dans le contexte d'une réorganisation régionale face à l'Iran, est un enjeu qui mérite d'être suivi de près. Cependant, Joumblatt souligne que le président syrien a d’autres priorités à gérer sur le plan interne.
En conclusion, pour Joumblatt, le développement actuel nécessite l'émergence d'un front politique d’opposition à cet accord, un appel à la solidarité et à la résistance face à ce qu'il considère comme une trahison des intérêts nationaux libanais.







