Le 14 juillet, jour de la fête nationale française, sera marqué par la présence de 12 membres de la Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) sur les Champs-Élysées. Cette décision, initiée par le préfet de police de Paris en coordination avec le gouverneur militaire, suscite d’ores et déjà de vives critiques. Ces policiers, malgré plusieurs condamnations pour des actes de violence, défileront lors de cet événement emblématique, censé célébrer le service de la France.
Créée en 2019 par l’ancien préfet Didier Lallement en réponse aux manifestations des Gilets jaunes, la BRAV-M a rapidement symbolisé une évolution dans la stratégie de maintien de l’ordre du gouvernement. Sa méthode d’intervention, souvent jugée comme une forme d’intimidation, rappelle les « voltigeurs » dissous en 1986 après la tragique mort de Malik Oussekine. Comme le souligne L'Humanité, cette unité a été fréquemment critiquée pour ses interventions jugées excessives lors de manifestations.
Une vitrine républicaine hallucinante
La présence de la BRAV-M au défilé du 14 juillet est une décision qui interpelle. Des avocats, associations et élus expriment leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une caution à la violence policière. Le cas de deux policiers condamnés à des peines de prison avec sursis pour des violences lors d'une manifestation contre la réforme des retraites témoigne de ce climat tendu. Ce jugement, rendu en juin 2025 par le tribunal de Bobigny, n'est qu'une parmi d'autres affaires qui aggravent l'image de cette brigade.
Alors que certains tentent de défendre la BRAV-M comme une réponse nécessaire à la violence constatée lors des manifestations, d’autres, comme le philosophe Lucas Lévy-Lajeunesse, affirment dans un entretien que « la BRAV-M incarne la réponse du pouvoir face à la contestation sociale ». Ce discours souligne la fracture croissante entre les forces de l'ordre et une partie de la population, au moment même où la police est censée représenter la République.
En dépit des critiques et des bavures documentées, la BRAV-M prendra part à un cortège de 45 motocyclistes, représentant les différentes composantes de la police nationale. Ce choix de présenter une image forte du maintien de l’ordre pose question : quel message le gouvernement veut-il vraiment véhiculer lors de cette célébration nationale ? Malgré toutes ces controverses, la BRAV-M semble s'ancrer dans le projet républicain, créant ainsi un paradoxe qui ne fait que diviser davantage les opinions.







