Une importante partie de l’Europe, des plages de la Méditerranée à la France puis à la Pologne, est en proie à une chaleur étouffante, avec des températures dépassant les 35 °C. Ce phénomène sans précédent soulève des inquiétudes sur la saturation des systèmes de santé. Le mercure continue de grimper alors qu'une alerte maximale concerne notamment la France, la Suisse, l’Allemagne, l'Autriche et la Hongrie.
Lors de la journée précédente, les records de chaleur se sont succédé : le Bas-Rhin en France a enregistré son premier 40 °C historique, tandis que la Suisse a atteint 38,8 °C, un maximum en juin pour le pays. À Bratislava, le thermomètre n'est pas descendu sous les 26,3 °C la nuit, un record pour le mois. "Cette canicule pourrait marquer un tournant dans notre climat", déclare un climatologue de l’Institut météorologique slovaque (SHMU).
Des événements majeurs tels que la Marche des fiertés à Paris, le festival de musique Solidays et le semi-marathon de Hambourg ont été annulés. Les organisateurs du festival Solidays font face à une perte de 3 millions d’euros, une perte significative pour leurs programmes de lutte contre le sida.
Une pression accrue sur les services de santé
Cette canicule a exacerbé la pression sur les hôpitaux à travers l’Europe, avec des appels d’urgence en forte hausse. À Paris, ils ont augmenté de 80 % la semaine précédente. Selon Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, "la situation est extrêmement préoccupante", avec des patients âgés souffrant d'hyperthermie grave. Le ministère de la Santé français a exprimé son inquiétude face aux décès observés à domicile pendant cette période critique.
Les experts en santé publique, Mathilde Pascal et Robin Lagarrigue, soulignent que "quelques degrés de plus peuvent entraîner une augmentation des risques mortels". La chaleur a causé plus de 200 décès en Espagne et d'autres tragédies dans toute l'Europe, touchant particulièrement les personnes vulnérables.
Des conséquences environnementales et climatiques
Environ 420 millions d’Européens, hors Turquie, ont été frappés par des températures dépassant les 30 °C. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a noté que cette vague de chaleur pourrait bien être inédite par son ampleur. Les canicules de plus en plus fréquentes témoignent clairement du changement climatique, alimenté par notre dépendance aux énergies fossiles. Les conséquences en découlent : des centrales nucléaires à l’arrêt, des lagunes surchauffées en Italie, et la fonte rapide des glaciers, comme celui du Rhône en Suisse.
Malgré tout, un léger reflux est espéré en France, avec une fin des alertes maximales prévue pour dimanche soir, apportant une entrée d'air plus frais pouvant engendrer des orages intenses.







