L'Iran a conseillé aux États-Unis, dimanche, de "peser leurs mots" suite à des déclarations menaçantes de Donald Trump, signalant une escalade des tensions au début des discussions à Genève, désormais fragilisées par les récents combats au Liban.
"Ils feraient mieux d'être prudents; nos forces sont prêtes à riposter", a déclaré le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, sur la plateforme sociale X. Ce commentaire survient après que le président américain ait exhorté Téhéran d'intervenir auprès de ses alliés libanais, en référence au Hezbollah, pour éviter un regain de violence, menaçant des frappes militaires américaines sur l'Iran.
Selon l'accord signé la semaine dernière, les deux nations se sont engagées à éviter de déclamer des menaces de recours à la force. Pourtant, les mises en garde de part et d'autre sont apparues peu après le début des pourparlers impliquant des représentants des États-Unis et de l'Iran, ainsi que des médiateurs qatari et pakistanais, dans un hôtel de luxe des Alpes suisses.
Ces discussions devraient déboucher, dans un délais renouvelable de 60 jours, sur un accord final visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient, exacerbé par des frappes israélo-américaines sur l'Iran en février dernier. Les hostilités continuent de peser lourdement sur l'économie mondiale, entraînant la perte de milliers de vies, principalement en Iran et au Liban.
JD Vance, vice-président américain, a qualifié ces négociations d'"historiques", exprimant l'espoir qu'elles pourraient permettre une réconciliation avec le peuple iranien. Toutefois, les divergences demeurent particulièrement marquées concernant le programme nucléaire iranien, qui est au cœur des tensions bilatérales depuis des décennies.
Lors de la première session à Genève, la délégation iranienne aurait refusé de se prêter à une photo avec les représentants américains, selon la télévision d'État Irib, soulignant ainsi les réticences persistantes entre les deux parties.
Les discussions ont également lieu dans un contexte d'affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, malgré une clause de l'accord stipulant l'arrêt des hostilités sur tous les fronts. Après l'annonce de la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran en représailles, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts au Liban, selon des sources locales.
Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a averti qu'aucun accord ne serait possible sans une cessation des hostilités au Liban. Le Hezbollah a intensifié son engagement dans le conflit suite à la mort du guide suprême iranien, tué dès le début des tensions.
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a affirmé que ses troupes resteraient au Liban "aussi longtemps que nécessaire", tandis que le chef du Hezbollah a rejeté toute présence israélienne dans le sud du pays. Cependant, Vance se déclare optimiste, ayant constaté des "progrès significatifs" vers un cessez-le-feu.
Pour le vice-président américain, les conditions sont claires : si les Iraniens renoncent à leur posture d'instabilité régionale et abandonnent leurs ambitions nucléaires, les États-Unis seraient prêts à transformer radicalement leur relation avec l'Iran. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a réaffirmé que l'Iran ne visait pas à se doter de l'arme atomique, tout en insistant sur son droit à l'enrichissement d'uranium.
Dans un contexte mondial déjà tendu, le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaei, a appelé à la vigilance, rappelant que l’ennemi ne respectait pas ses engagements. Suite aux récents affrontements, le commandement militaire iranien a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part significative des hydrocarbures mondiaux, exacerbant ainsi les inquiétudes sur les marchés pétroliers. Les forces américaines dans la région restent en alerte, mais les opérations maritimes ont repris normalement ce week-end.







