Dimanche, lors de la messe à la basilique Saint-Étienne de Jérusalem, de nombreux fidèles se sont réunis pour exprimer leur soutien à la religieuse française agressée récemment. Leur inquiétude est palpable, mais beaucoup ne sont pas surpris, constatant une augmentation des hostilités de la part de groupes juifs extrémistes ces derniers temps.
La scène, capturée par une caméra de vidéosurveillance, montre un homme courant derrière la religieuse en habit blanc et voile noir, l'attaquant de manière brutale. Après l'avoir poussée au sol, il lui assène un coup de pied au ventre avant que des passants n'interviennent.
À la sortie de la messe, chaque fidèle partage des mots de réconfort et se renseigne sur le bien-être de la soeur, absente ce matin-là. Le frère Olivier Catel, qui a célébré la messe, assure : "Elle a encore des douleurs, mais elle est entourée".
Arrivé à Jérusalem il y a dix ans, le frère Catel témoigne d'une évolution inquiétante dans l'attitude des ultra-orthodoxes : "Il y a quelques années, des incidents comme ceux-ci étaient rares. Aujourd'hui, il est courant de recevoir des crachats ou des insultes en sortant".
Une étude du Rossing Center, une association pour le dialogue interreligieux, indique que le harcèlement des chrétiens à Jérusalem a considérablement augmenté. En 2025, ils ont été victimes de 61 attaques physiques, 28 cas de harcèlement et 52 dégradations de propriétés ecclésiastiques.
Un prêtre britannique, qui préfère garder l'anonymat, confirme ces expériences déplorables : "Insultes et crachats sont devenus mon quotidien". Pierre, un fidèle de 30 ans, déclare également : "Tout le monde s'attendait à ce qu'un incident aussi grave arrive un jour".
L'agression a eu lieu près du Mont Sion, un lieu chargé d'histoire aussi bien pour les Juifs que pour les chrétiens. Un témoin israélien, qui a assisté à la scène, affirme que l'agresseur, un militant d'extrême-droite, était un "fou" selon des médias locaux.
Ouriel Levisohn, un rabbin de 28 ans, exprime son choc et reste sceptique quant à la récurrence de tels incidents. "Avec l'aide de Dieu, cela ne se reproduira plus", espère-t-il. Cependant, les fidèles se montrent moins optimistes et appellent à une action plus ferme de la part des autorités israéliennes.
Ils soulignent la montée de discours extrêmes dans le pays, rappelant également des incidents récents impliquant l'armée israélienne et des statues chrétiennes. Face à ce climat, le frère Catel refuse de céder à la peur et continue de fréquenter la vieille ville, bien qu'il prenne soin d'éviter certains quartiers sensibles.







