Invité sur RTL ce 3 mai, David Ratheau, chef de projet au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), met en garde contre les niveaux inquiétants des nappes phréatiques, en particulier dans le quart nord-est du pays, qui se trouvent "légèrement en dessous de la moyenne".
Bien que l'hiver ait été marqué par des précipitations généreuses, les récents "déficits pluviométriques importants" soulèvent des craintes, surtout chez les agriculteurs. Plusieurs préfectures ont déjà pris des mesures pour limiter l'usage de l'eau, une précaution nécessaire face aux risques de sécheresse.
Selon Ratheau, si les niveaux des nappes sont généralement satisfaisants, la situation est préoccupante dans certaines régions. "La sécheresse météorologique est une réalité, et cela affecte les sols en surface. L'ensemble du pays est touché, même si le sud-ouest reste relativement épargné".
La végétation a besoin d'eau pour survivre
Bien que des pluies et des orages soient annoncés pour ce début mai, l'expert souligne que ces précipitations ne suffiront pas à compenser les déficits actuels : "Des quantités significatives sont essentielles à cette période, car la végétation a besoin d'eau pour prospérer.", indique-t-il.
Il rappelle également que les nappes phréatiques traversent actuellement une "phase de vidange naturelle". "Elles se rechargent majoritairement en hiver grâce à des pluies abondantes. Dès le printemps et l'été, le phénomène de vidange s'intensifie, exacerbant le défi de la gestion de l'eau."
Cependant, cette problématique s'inscrit dans un contexte plus vaste de dérèglement climatique. Jean-Marc Jancovici, expert en énergie, a expliqué que cette variabilité croissante du climat peut entraîner des transitions rapides entre différents états, accentuant la lutte pour l'accès à l'eau. "La question de la disponibilité de l'eau deviendra centrale pour l'agriculture dans les années à venir," conclut-il.







