Le ministère chinois du Commerce a exprimé, ce lundi, son inquiétude face à un projet européen visant à réindustrialiser l'Europe sans tenir compte des intérêts chinois. Selon une déclaration officielle, Pékin menace de répondre par des mesures contre l'Union européenne si une loi sur la réindustrialisation, présentée le 4 mars par la Commission européenne, venait à être adoptée sans consultation préalable. Ce texte doit encore obtenir l'approbation des États membres et du Parlement européen.
Dans un communiqué, le ministère a souligné avoir soumis ses préoccupations à la Commission et a appelé à un dialogue. « La Chine suivra attentivement le processus législatif. Si l'UE choisit d'ignorer nos suggestions et de poursuivre l'adoption de ce texte, cela nuira aux entreprises chinoises et nous nous verrons contraints de prendre des contre-mesures », a-t-il averti.
Pékin pointe une possible discrimination
Le projet de loi impose aux entreprises dans des secteurs considérés comme stratégiques d'utiliser un certain pourcentage de composants d'origine européenne lorsqu'elles bénéficient de fonds publics. Ce plan vise notamment l'industrie automobile, les technologies de décarbonation comme les panneaux solaires et les batteries, ainsi que les produits lourds, comme l'a précisé le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné.
Bien que le texte ne mentionne pas explicitement la Chine, il semble viser ses entreprises, qui font l'objet d'accusations de concurrence déloyale en Europe. Le ministère chinois a réagi en soulignant que cette législation pourrait installer des discriminations envers les investisseurs chinois, entravant ainsi leurs opportunités dans des secteurs cruciaux, comme les batteries ou le photovoltaïque.
Des experts, comme David Lefèvre, économiste à Sciences Po, mettent en garde contre ce qui pourrait devenir une escalade de tensions commerciales entre l'Europe et la Chine. « Un climat de protectionnisme ne fera qu'exacerber les tensions existantes. Cela pourrait avoir des implications néfastes pour l'économie mondiale », prévient-il.







