Washington réduit le partage de données satellitaires avec Séoul sur la Corée du Nord

Un incident diplomatique impacte les échanges de renseignements entre alliés.
Washington réduit le partage de données satellitaires avec Séoul sur la Corée du Nord
Donald Trump au côté de Lee Jae Myung, président de la Corée du Sud. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Récemment, le ministre sud-coréen de l’Unification a révélé devant l’Assemblée nationale que la Corée du Nord est soupçonnée d’exploiter un site d’enrichissement d’uranium, une information qui a provoqué des tensions. En réaction, les États-Unis ont décidé de partiellement restreindre le flux d’informations satellitaires vers Séoul.

Les médias rapportent que cette décision fait suite aux déclarations de Chung Dong-young, le ministre sud-coréen, concernant un site nucléaire dans la région de Kusong (nord-ouest de la Corée du Nord). Les États-Unis ont accusé le ministre d’avoir divulgué des données sensibles, entraînant une limitation du partage d’informations, comme l'a rapporté l’agence Yonhap et d’autres sources sud-coréennes.

Un responsable militaire sud-coréen a affirmé que ces restrictions ont pris effet « depuis le début du mois », précisant qu'elles « n'affectent pas significativement la préparation militaire ». Il a tempéré en confirmant que la collecte et le partage de renseignements concernant les activités nord-coréennes se poursuivent normalement entre les États-Unis et la Corée du Sud.

Les ministères de l’Unification et de la Défense de Corée du Sud, ainsi que le Pentagone, se sont abstenus de tout commentaire officiel sur cet incident. Critiqué par l’opposition, Chung a qualifié de « profondément regrettable » que ses déclarations aient été perçues comme une fuite d’information. Il a insisté sur le fait que ses affirmations reposaient sur des données déjà accessibles au public.

Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, a apporté son soutien à son ministre, déclarant que l’existence du site d’enrichissement à Kusong est un « fait avéré », étayé par des publications académiques et des reportages de presse.

Cette controverse émerge dans un contexte international tumultueux. Récemment, Rafael Grossi, président de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a signalé une « augmentation très inquiétante » des capacités nucléaires de la Corée du Nord lors d’une conférence à Séoul, soulignant l’urgence de la situation. Depuis son premier essai nucléaire en 2006, la Corée du Nord fait face à des sanctions de l'ONU et a coupé l'accès aux inspecteurs de l'AIEA en 2009.

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