Le Centre pour la protection des droits humains Memorial, branche informelle du célèbre groupe dissous en 2021, a vivement critiqué cette décision qualifiée d'«illégale», la qualifiant d'attaque frontale contre la société civile en Russie.
Jeudi dernier, la Cour suprême russe a désigné l’ONG Memorial, prix Nobel de la paix en 2022, comme une «organisation extrémiste». Ce jugement ouvre la voie à des poursuites potentielles contre ses soutiens. Dans son communiqué, la Cour a affirmé que «l'organisation se positionne clairement contre la Russie», justifiant ainsi l’interdiction de ses activités sur tout le territoire russe.
Cette décision s'est faite sans le concours de l'avocat de Memorial, la procédure ayant eu lieu à huis clos, comme l'a rapporté l'organisation. «Ce verdict constitue une nouvelle escalade dans la répression politique contre la société civile», a déclaré un représentant du Centre pour la protection des droits humains Memorial. Les conséquences de cette décision augmentent la vulnérabilité des activistes et partisans de Memorial, exposés à des sanctions sévères.
Face à cette situation alarmante, le Centre a conseillé à toute personne en Russie, ou souhaitant s'y rendre, de cesser toute coopération ou communication avec Memorial, plaintes et don compris. Fondée en 1988, Memorial a été la référence pour la préservation des mémoires des atrocités soviétiques et a mené des enquêtes approfondies sur les violations des droits humains, allant des conflits en Tchétchénie aux exactions en Syrie.
Les autorités de l'Union européenne ont dénoncé ce coup dur pour la société civile, un bruit de fond familier dans l'histoire récente de Memorial, déjà frappée par le statut d'«agent de l'étranger» en 2015, suivie de sa dissolution ordonnée par la justice russe deux ans plus tard. Malgré ces initiatives de répression, Memorial a su s'adapter, se déployant sous la forme d'un réseau d'organisations en Russie et à l'étranger, même si certaines sont déjà classées «indésirables».







