Le gouvernement français a récemment annoncé la suspension de la taxe de deux euros sur les petits colis importés, initialement mise en place en mars 2023. Cette décision, attendue de tous, coïncide avec l'entrée en vigueur d'un nouveau droit de douane européen s'élevant à trois euros, selon des informations rapportées par l'AFP.
La taxe française, instaurée pour limiter l'afflux de petits colis venus de l'étranger, notamment de plateformes comme Shein, Temu, et AliExpress, était largement contournée par ces mêmes plateformes. En effet, ces acteurs majeurs du e-commerce ont trouvé des moyens de détourner cette taxe, en expédiant leurs produits dans d'autres pays européens avant de les faire parvenir en France par voie terrestre.
"Nous sommes dans un marché unique", a déclaré le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, "il n’est plus justifié de maintenir une taxe nationale sur les petits colis en complément d’un droit de douane européen". Cette décision stratégique vise à harmoniser les pratiques fiscales à travers l'Europe et à éviter de pénaliser les consommateurs français.
Pourquoi le gouvernement suspend-il cette mesure ?
Depuis son introduction, la taxe avait pour but de freiner l'importation massive de petits colis, souvent en provenance de Chine. Cependant, elle devait se combiner, à partir de juillet, avec le nouveau droit de douane européen, entraînant un coût total de cinq euros par catégorie. La France espérait initialement que cette taxe nationale pourrait également être remplacée par un système entièrement européen d'ici novembre, établissant ainsi des règles communes.
Contournement massif des géants de l’e-commerce
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le directeur général des Douanes, Florian Colas, a récemment déclaré qu'il y avait eu un "déport de volume" d'environ "90 % depuis le 1er mars". En raison de ces manœuvres, le rendement attendu de la taxe ne s'élevait qu'à "2,3 millions par mois", bien en deçà des 400 millions d'euros projetés pour l'année budgétaire de 2026.
Concurrence européenne
À plusieurs reprises, le ministre a évoqué la possibilité de suspendre la taxe, une option déjà adoptée par l'Italie. Le cabinet a souligné que l'écart de taxation entre la France et ses voisins créait une distorsion de concurrence : "Il n'est pas juste que nos amis belges profitent seuls de ce système, alors que les colis continuent d'arriver en France". La suspension est donc perçue comme une victoire pour le gouvernement français, qui aspire à imposer des normes communes au niveau de l'Union européenne.
"La France a vraiment été pionnière", a affirmé un porte-parole du ministère des Comptes publics, David Amiel. Ce revirement met en lumière la complexité et les enjeux économiques liés à la réglementation des importations dans un marché globalisé.







