Dans son dernier rapport, l'OFDT émet un constat alarmant : ces nouvelles drogues, dont 26 ont été identifiées l'année précédente, sont conçues pour imiter des substances naturelles. Les résultats indiquent une sophistication accrue des réseaux criminels spécialisés dans la chimie.
Une production qui s'intensifie en Europe
Les drogues récemment découvertes se regroupent en trois catégories principales : les cannabinoïdes synthétiques, les cathinones de synthèse comme la 3-MMC, et les opioïdes synthétiques mimant les effets de l’héroïne. Infos supplémentaires fournies par l’Agence de l’Union européenne sur les drogues suggèrent que, jusqu’en 2021, la majorité des cannabinoïdes étaient produits en Chine avant d’atteindre le marché européen.
Selon le rapport publié le 9 juin dernier, la production de ces substances se serait désormais déplacée vers l’Europe, rendant les marchés de consommation plus accessibles pour les trafiquants. Une source policière souligne également que l’usage des cannabinoïdes synthétiques est en augmentation, en particulier chez les jeunes.
Professionnalisation et logistique
La fabrication de cathinones est aussi de plus en plus ancrée en Europe, notamment en Pologne et aux Pays-Bas. Une source policière a déclaré à BFM que cette production bénéficie de l’expertise de chimistes mexicains, anciens membres de cartels spécialisés dans la méthamphétamine.
Les membres de ces réseaux profitent de l'agilité logistique qu'offrent les petits laboratoires, ce qui leur permet d'éviter de lourdes infrastructures agricoles requises pour produire d'autres drogues telles que le cannabis ou la cocaïne. Des opérations récentes, comme celle de Monestiés dans le Tarn début juin, illustrent cette tendance.

Après des mois d'investigations, une récente opération de police a mené au démantèlement d’un lab secret dans un village tarnais, aboutissant à l’interpellation de plusieurs individus. L’enquête a révélé des installations sophistiquées, camouflées grâce à des accès secrets.
Production de précurseurs depuis l'Asie
Le défi supplémentaire vient de la provenance des produits précurseurs, souvent légaux et industriels, majoritairement issus de Chine et d'Inde. Ces substances facilitent l'approvisionnement pour les producteurs clandestins, comme l’indique une source policière. En 2024, 10,2 tonnes de précurseurs ont été saisies sur le territoire français, qui sert de plaque tournante vers d’autres pays européens.
Les autorités estiment que malgré les progrès réalisés dans la détection et l'élimination de ces réseaux, le combat contre ces nouvelles drogues se révèle complexe et perpétuellement en évolution. "Les innovations techniques dans la chimie rendent l'éradication de ce marché particulièrement difficile", conclut le rapport de l'OFDT.
Drogues Info Service (appel anonyme et gratuit) accessible 7j/7, au numéro 0 800 23 13 13 ou sur le site drogues-info-service.fr.







