Le procès de Guillaume B., accusé d'avoir infligé des violences à son ex-compagne Laëtitia R. pendant sept ans, a démarré ce lundi 18 mai devant la cour d'assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Cet ancien directeur d'agence bancaire fait face à des accusations graves, incluant viol, torture et proxénétisme, et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce qu’il faut retenir :
Guillaume B., âgé de 51 ans, nie les accusations en plaidant une relation sadomasochiste consensuelle.
Laëtitia R., 42 ans, accuse son ex-partenaire de l'avoir soumise à une emprise totale entre 2015 et 2022, avec des actes répétés de violence.
La victime, dont le calvaire a pris fin en juin 2022, souffre de séquelles graves et est reconnue handicapée.
Alors qu'il se présente devant la cour, habillé simplement, Guillaume B. n’a pas caché son désarroi à l'annonce des charges, qualifiant ce procès de "McCarthyisme" et regrettant que l'on le considère comme un monstre. De son côté, Laëtitia R. a exprimé son désir de ne plus rester silencieuse. L'avocat de la plaignante, Me Philippe-Henry Honegger, a indiqué à l'AFP que "elle tente de faire entendre sa voix après des années de souffrances".
Des violences indescriptibles
Laëtitia R. dénonce une relation toxique, décrivant des actes de torture durant lesquels elle a dû subir viols, coups, et même l'obligation de se prostituer. "C'était une réalité que je n'arrivais pas à fuir", a-t-elle affirmé à Radio France.
Les témoignages poignants de Laëtitia illustrent l'horreur vécue : "Des coups de poing, des entailles... Je suis souvent restée à sang". Elle a rappelé que même lorsqu'elle exprimait sa douleur, Guillaume B. continuait ses actes.
Un soutien indéfectible
Un groupe de femmes, rassemblé devant le tribunal, soutient Laëtitia R. avec des pancartes et des chants féministes. "Nous sommes ici pour lui montrer qu'elle n'est pas seule", a témoigné Florence, membre du collectif "8 mars toute l’année".
Le verdict sera lourd de conséquences
La cour examinera minutieusement les preuves, notamment des centaines de messages échangés entre le couple. "Ce dossier est soutenu par des éléments indéniables", a souligné Me Honegger, témoignant de la solidité de l'accusation.
En juin 2022, Laëtitia a trouvé le courage de parler à une amie, ce qui a permis aux forces de l'ordre d’intervenir. Victime de graves séquelles, elle a depuis été reconnue handicapée, devenant ainsi un symbole de résistance face aux violences infligées aux femmes.







