Suite à l'explosion survenue le 13 mai sur le site de Crolles (Isère), ayant causé des blessures graves à deux personnes, des anciens employés de Teisseire s'élèvent contre les conditions de démantèlement de l'usine. Beaucoup d'entre eux estiment que la direction a manqué de vigilance en licenciant plusieurs responsables essentiels à la sécurité durant cette période critique.
Les témoignages recueillis font état d'une grande inquiétude parmi les anciens salariés. "J'ai eu des maux de ventre, des maux de tête," confie Lies Maklouf, conscient des dangers associés à une telle opération sans soutien adéquat. Ceux qui ont travaillé pendant des années dans cette usine, qu'ils ont défendue face à sa fermeture imminente, ne cachent pas leur désarroi face à cet incident tragique.
"Connaitre comment fonctionne une machine, ses risques ça ne s'apprend pas en quelques semaines"
Les ex-salariés de Teisseire dénoncent également qu'ils auraient pu maintenir des spécialistes au sein de l'équipe pour superviser le démantèlement. Fathi Ghiloufi, délégué syndical CGT, précise : "Avoir un plan, c'est bien, mais la connaissance des machines et leur entretien nécessitent des années d'expérience."
Même si l'usine est fermée, environ cent personnes continuent de travailler sur le site, notamment dans les services de recherche et développement. D'après les anciens employés, ces travailleurs ressentent également une forte anxiété : "Ils redoutent de retourner là-bas, craignant de nouveaux incidents," déclare l'un d'eux.
Dans un communiqué, la direction de Teisseire a annoncé la mise en place d'une cellule psychologique pour soutenir le personnel et a promis sa coopération complète avec les enquêtes en cours. "Pour le bon déroulement de l'enquête, nous ne ferons pas d'autres commentaires à ce stade," a ajouté l'entreprise, tout en soulignant son engagement pour la sécurité des employés.
Cet incident tragique souligne l'importance cruciale des protocoles de sécurité dans les opérations industrielles, une préoccupation que les spécialistes continuent de soulever. Alors que l'enquête se poursuit, les voix s'élèvent pour demander plus de transparence et de responsabilité en matière de sécurité au travail.







