Cofondatrice en 2021 du collectif SOS Périscolaire, Elisabeth lutte contre les maltraitances envers les enfants, un fléau souvent ignoré. Après des révélations choquantes dans les écoles parisiennes, elle appelle à une plus grande prise de conscience.
Depuis sa création, le collectif a recueilli pas moins de 600 témoignages en France concernant des maltraitances physiques, psychologiques et sexuelles à l'encontre des enfants en maternelle et primaire. Ces incidents se déroulent souvent avant l'entrée à l'école, durant les pauses ou après la classe. Elisabeth précise : "Nous avons été entendus à l'Élysée et à Matignon. Les responsables ont reconnu l'ampleur du problème, surtout après les événements survenus à Paris. Ils ont pris connaissance de notre dossier et montrent des dispositions à agir."
Avez-vous des projets concrets ?
Elisabeth révèle que des avancées sont en cours, notamment un projet de loi débutant mi-mai sous l'égide de Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles. Ce projet vise à réglementer la protection des enfants, intégrant aussi le périscolaire, en stimulant la collaboration entre plusieurs ministères, dont l'Éducation nationale et la Justice. "Une approche collective est essentielle pour instaurer un système de signalement efficace et mettre fin aux violences", assure-t-elle.
Quelles sont les principales difficultés à résoudre ?
Selon Elisabeth, le manque de responsabilité quant au périscolaire complique la situation : "Les directeurs d'écoles se déchargent sur le périscolaire en cas de problème, ce qui n'est pas acceptable. Nous travaillons avec les autorités pour établir des conventions afin que des signalements puissent être faits par les enseignants. Ils entendent souvent des cris d'enfants, mais restent réticents à intervenir."
Les difficultés de recrutement des animateurs contribuent-elles à la situation ?
Effectivement, cela constitue un obstacle majeur. Les mairies peinent à recruter en raison de la précarité des postes : "Les horaires fragmentés et salaires peu engageants dissuadent de nombreux candidats." En conséquence, les animateurs se retrouvent souvent responsables d'un trop grand nombre d'enfants, rendant leur tâches impossibles dans de bonnes conditions.
Ce fléau est enfin mis en lumière ?
Elisabeth exprime l'espoir d'un réel changement : "Le scandale de Paris a éveillé les consciences et pourrait encourager d'autres parents à se manifester. Il est crucial que ces violences soient effectivement vues et traitées."
Craignez-vous des conséquences négatives sur les animateurs ?
Elle nuance : "Bien que certains animateurs aient des craintes, ce que nous observons sont des faits très graves. Des humiliations et des violences sont souvent liées aux conditions de travail difficiles d'un métier négligé. Les témoignages que nous recueillons mettent en lumière la gravité de la situation, et nous espérons que cela provoquera une réelle prise de conscience et des actions concrètes."







