Un ostéopathe âgé de 35 ans, exerçant à Courbevoie et Boulogne-Billancourt, est actuellement jugé au tribunal correctionnel de Nanterre pour des accusations graves d'agressions sexuelles sur deux de ses patientes, dont l'une n'est qu'une adolescente de 14 ans, comme rapporté par franceinfo.
Les incidents auraient eu lieu en 2024 et 2025. Bien qu'une première plainte ait été classée sans suite en 2021, d'autres témoignages ont émergé, y compris le récit d'une quatrième patiente, qui n'a pas déposé de plainte, mais a fourni des informations cruciales. Les faits sont jugés aggravés, en raison de l'abus de position d'autorité par le praticien.
Deux plaintes, dont celle d'une mineure, déposées en moins d'un an
« Une patiente en sous-vêtements dans un cabinet médical fait confiance à son ostéopathe », souligne Pauline Rongier, avocate des victimes. « Cette situation de vulnérabilité est exploitée, ce qui constitue un acte grave. » Elle représente également le Collectif féministe contre le viol (CFCV), qui a décidé de se constituer partie civile dans cette affaire.
Sur son site, l'ostéopathe, Arthur C., se présente comme un spécialiste des adolescents, promettant un soin bienveillant pour des douleurs dorsales liées à la croissance rapide. C'est pour ces raisons que Manon, 14 ans, s'est tournée vers lui fin 2024. Accompagnée de sa mère, elle a ensuite consulté seule. Elle affirme que l'ostéopathe l'a « caressée sous les sous-vêtements ». Après avoir alerté ses parents, elle s'est rendue au commissariat pour déposer plainte. Ce n'est qu'après neuf mois que les autorités ont été saisies à nouveau par une autre patiente de 35 ans, ayant subi des actes similaires.
« Des gestes parfaitement thérapeutiques » - Christine Dumet-Boissin, avocate de l'ostéopathe
Dans le cadre de son interrogatoire, Arthur C. a nié toutes les accusations. Selon lui, ses patientes auraient mal interprété ses gestes ou auraient projeté des expériences traumatisantes passées. Il reconnaît que certains de ses gestes ne sont pas basés sur une formation classique en ostéopathie. « Nous allons demander la présence d’un expert ostéopathe pour clarifier ce qui appartient au domaine du soin professionnel », souligne l'avocate des victimes, Pauline Rongier.
De son côté, Christine Dumet-Boissin, avocate de l'accusé, insiste sur la présomption d'innocence de son client. « Il clarifiera que ses actions étaient strictement thérapeutiques », ajoute-t-elle. Elle envisage également de faire appel à des experts pour corroborer cette version. Après une courte suspension de son activité, Arthur C. peut de nouveau exercer, mais avec la condition qu'une tierce personne soit présente lors des consultations avec des patientes.







