Les répercussions de l'enquête menée par la cellule investigation de Radio France sur l'affaire du gendarme judiciaire mise en examen pour des faits graves de pédopornographie, qui se tiendra devant le tribunal correctionnel de Caen le 4 juin, provoquent un choc fulgurant au sein des habitants de Saint-Vaast-la-Hougue. La communauté est ébranlée par une combinaison d'incompréhension et de colère.
Le gendarme, en poste jusqu'au début de l'année 2026, a été identifié après un signalement concernant l'achat d'images pédopornographiques sur internet. Une enquête approfondie a révélé plusieurs milliers d'images stockées sur divers supports numériques. Le colonel Yannick Prati a confirmé que le militaire a été suspendu et a quitté Saint-Vaast pour se déplacer vers le centre Manche.
Stupeur dans la cité de Saint-Vaast-la-Hougue
Dans les cafés du bourg, les témoignages fusent. Un habitant déclare : "C'est écoeurant, abject. C'est encore pire quand il s'agit d'un gendarme." La surprise est palpable, car beaucoup connaissaient cet homme et sont atterrés par les accusations. Le silence qui a entouré cette affaire jusqu'ici suscite également une grande inquiétude. Le maire Gilbert Doucet a affirmé n'avoir pas été informé de cette procédure, refusant tout commentaire.
Ce mutisme a exacerbé l'inquiétude des familles ayant confié leurs enfants à la compagne de l’accusé, assistante maternelle. Face à l'absence d'informations, plusieurs mères ont décidé de se manifester publiquement. Un groupe d'entre elles a exprimé leur vexation face au manque de communication et leur peur que leurs enfants aient pu être affectés par les actions de ce gendarme. "Nous ne comprenons pas pourquoi nous n'avons pas été consultés", confie l'une d'elles, qui a tenté de s'adresser directement à la nounou des enfants.
Le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue, a tenté de calmer les esprits, précisant que les images retrouvées ne concernaient pas de jeunes enfants mais plutôt des adolescentes et pré-adolescentes, évoquant ainsi un certain niveau de risque restreint. Néanmoins, ces clarifications n'atténuent pas les inquiétudes des parents.
Les familles pourraient se rapprocher d'un avocat
Les parents doivent maintenant gérer les questions déroutantes de leurs petits. Les enfants ne comprennent pas pourquoi ils ont dû quitter leur assistante maternelle. Certains ont même choisi de consulter des psychologues pour les aider à surmonter cette situation troublante. Plusieurs mamans admettent être "folles de rage" et se sentent "écœurées" à l'idée que l'argent destiné à la garde ait pu être utilisé pour des achats d'images compromettantes.
Face à l'angoisse et à l'incertitude persistantes, plusieurs familles envisagent de consulter un avocat pour explorer les voies de recours possibles. Quant au gendarme, sa démission devrait être effective début mai, accompagnée potentiellement de sanctions disciplinaires. En parallèle, sa compagne a décidé de ne pas renouveler son agrément d'assistante maternelle et cesse ainsi ses activités professionnelles.







