La Libye, riche de ses vastes réserves de pétrole, a franchi une étape décisive ce mercredi en annonçant l'octroi de licences d'exploration à des compagnies étrangères pour la première fois en 17 ans. Masoud Souleiman, directeur de la National Oil Corporation (NOC), a qualifié cet appel d'offres international de « retour de la confiance et reprise du travail institutionnel » dans un secteur clé pour le pays après une longue période d'incertitude.
Depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011, le pétrole libyen est censé être sous contrôle de l'État. Toutefois, des années de luttes internes, notamment une transition ratée et deux guerres civiles, ont laissé le pays dans un état d'instabilité persistante. Aujourd'hui, deux gouvernements rivaux se disputent le pouvoir : l'un à l'ouest, soutenu par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un autre à l'est, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar.
La NOC a mis en jeu un total de vingt concessions, ciblant des bassins terrestres à Syrte et Murzuq ainsi que des zones offshore riches en gaz en Méditerranée. Sur ces vingt-offres, cinq ont trouvé preneur. Parmi les gagnants, Chevron s'engagera dans l'exploration et l'exploitation d'un gisement dans le bassin de Syrte, une zone sous l'influence du maréchal Haftar, marquant ainsi son retour dans cette région stratégique.
De son côté, le consortium formé par l'Italien Eni et QatarEnergy a obtenu des droits d'exploitation pour une zone offshore, illustrant leur partenariat renforcé dans la région. Un autre consortium, incluant l'espagnol Repsol, le hongrois MOL et la société d'État turque TPOC, a remporté l'exploitation d'une autre zone offshore, celle de 07.
Un fait marquant de cette annonce est également l'attribution de la licence M1 dans le bassin de Mourzouq au Nigérian Aiteo, qui devient ainsi la première entreprise africaine indépendante à obtenir un tel privilège.
Masoud Souleiman a insisté sur le fait que ces opérations ne sont pas uniquement des gestes techniques, mais qu'elles s'inscrivent dans un plan plus vaste de « croissance, retour à la normalité et construction d'un avenir basé sur des partenariats institutionnels ». Lors de la cérémonie annoncée à Tripoli, le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah était également présent.
Concernant les quinze blocs non attribués, un comité technique sera formé pour négocier avec de potentiels candidats et améliorer les conditions de ces partenariats. La Libye, avec ses 48,4 milliards de barils de réserves, produit actuellement environ 1,5 million de barils par jour, avec l'objectif ambitieux d'atteindre 2 millions de barils par jour, selon des sources nationales.







