Suite à l'explosion de deux transformateurs fin juin, les représentants du personnel de RTE Maintenance ont activé leur droit d'alerte pour « danger grave et imminent » lors d'un CSE spécial, rapportent le Monde. Face à la fragilité croissante du réseau électrique, exacerbée par le dérèglement climatique, les syndicats réclament des éclaircissements sur « l'ensemble des impacts environnementaux recensés ou suspectés ».
Avec la canicule aggravant les conditions d'exploitation, les inquiétudes autour de la maintenance du réseau électrique sont en première ligne. Lors d'un comité social et économique (CSE) exceptionnel, les représentants du personnel de RTE, qui emploie près de 4 000 salariés, ont décrit une situation alarmante marquée par une « fragilisation globale des conditions de sûreté d'exploitation », comme l'indique le Monde.
La problématique a été mise en exergue par les récentes explosions de deux transformateurs à Ergué-Gabéric, près de Quimper, qui ont causé des coupures d'électricité pour presque 119 000 foyers et l'évacuation de plusieurs pavillons durant une canicule historique.
Une demande sérieuse pour la sécurité des installations
Ces transformateurs, qui consomment des huiles et utilisent des papiers pour l'isolation, peuvent devenir défaillants quand des conditions telles que fortes chaleurs et variations de température infiltrent leur structure. Il devient donc crucial d'évaluer ces risques, selon des experts de l’industrie. Dans le contexte actuel, les syndicats insistent pour que la direction de RTE fournisse immédiatement un état des incidents matériels survenus pendant la période critique de chaleur. Ils exigent également une cartographie exhaustive des matériels à risque.
Le 29 juin, les élus ont, conformément au Code du travail, également activé leur droit d'alerte sur la santé publique et l'environnement. Ils demandent de connaître les impacts environnementaux recensés, ainsi que les analyses de sols, d’eau ou d’air relatives aux incidents. Comme l’a déclaré Francis Casanova, délégué syndical central CGT de RTE, « Nous voulons mettre l'employeur face à ses responsabilités », rapporte le Monde.
Vers une réévaluation de la sécurité ?
Les représentants du personnel demandent aussi une « réévaluation immédiate des périmètres de sécurité autour des installations sensibles » et une suspension des activités non essentielles sur les ouvrages identifiés comme risqués. Environ 500 dispositifs de mesure similaires à ceux ayant explosé sont utilisés, représentant une part infime des 56 000 équipements opérationnels chez RTE.
Cette situation n'est pas sans précédent, puisque des alertes similaires avaient déjà été émises par les syndicats en juillet 2011, suite à des incidents durant des vagues de chaleur. À l'époque, la CGT avait alerté le ministère de l'Économie, entraînant le remplacement de plus de 13 000 appareils.
Actuellement, la direction de RTE considère que l'accident survenu en Bretagne est un événement « exceptionnel », en précisant que l'analyse des causes est encore en cours. Elle a également noté qu'il n'existe pas d'autres incidents ayant mis en danger les biens et les personnes durant cette période de canicule, malgré quelques déconnexions préventives sur le réseau.







