Un récent rapport de l'association Que Choisir Ensemble met en lumière une situation préoccupante pour les étudiants en quête de logement. Selon cette étude, plus de 95 % des annonces dans les villes où l'encadrement des loyers est appliqué, telles que Paris, Lyon et Bordeaux, dépassent les plafonds fixés.
L'enquête, menée entre avril et mai sur un échantillon de 125 annonces, révèle que les propriétaires imposent souvent des compléments de loyers « très conséquents et peu justifiés ». C’est une réalité qui ne fait que renforcer la précarité des étudiants, qui sont souvent contraints de rechercher un logement privé en raison d'un manque de places dans les résidences universitaires du Crous.
Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, souligne que « beaucoup d'étudiants ne choisissent plus leurs études en fonction de l'intérêt académiques, mais selon leur capacité à payer un loyer élevé ». Dans ce contexte, l'association appelle à une prolongation et à un meilleur respect de l'encadrement des loyers, qui a jusqu'ici prouvé son efficacité. « Urgence, équilibre et droits des locataires doivent passer en priorité », affirme-t-elle dans un communiqué.
Actuellement, l'expérimentation de l'encadrement des loyers, initialement prévue jusqu'à novembre, pourrait être étendue de deux ans à la suite d'un soutien gouvernemental pour un amendement socialiste. Cette mesure pourrait représenter une économie moyenne de 141 euros par mois pour les locataires parisiens, selon un rapport de septembre 2025 de la Fondation pour le logement des défavorisés.
En outre, l'étude signale que les loyers pratiqués dans le secteur privé atteignent en moyenne 600 euros, et jusqu'à 984 euros à Paris, dépassant ainsi le budget de nombreux étudiants. Les aides personnalisées au logement (APL) couvrent à peine 43 % des frais, laissant aux étudiants un reste à charge jugé excessif selon Que Choisir Ensemble.
Enfin, l'association alerte également sur les prix parfois prohibitifs des options de coliving, une alternative qui, bien que tendance, présente des frais supplémentaires pour des services non sollicités. Cette situation soulève la nécessité urgente de protéger les droits des étudiants sur le marché immobilier, afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs études sans être écrasés par le poids des loyers.







